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Forum Paroisses : Bonté divine




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mb257

Inscrit le : 12/11/2009

Messages : 1

[Citer] Vendredi 04 décembre 2009 - 20h 24 Sujet : Bonté divine

Faute d’avoir vu la représentation de la pièce, je vous partage quelques réflexions sur le texte de celle-ci.

 

Si plusieurs articles critiques soulignent le succès que rencontre cette pièce, nul doute qu’en pleine année sacerdotale, elle ne suscite également trouble et réserves chez certains lecteurs et/ou spectateurs. Le « héros » n’est-il pas un prêtre qui a perdu la foi et professe un athéisme aux accents camusiens : « je reste persuadé que l’homme a inventé Dieu, le Karma, le Paradis, le Nirvana et tout le reste parce qu’il cherche une explication satisfaisante à l’énigme de son existence, à l’absurdité du monde, parce qu’il a peur de la mort. » ? N’exerce-t-il pas un odieux chantage sur ses compagnons qu’il a emprisonnés avec lui en exigeant, sous la menace d’une arme, que l’un d’eux se sacrifie et accepte de mourir, histoire de prouver à notre prêtre désespéré qu’il existe vraiment un au-delà, qu’il reste possible d’y croire encore ?

 

Quelle figure consternante que ce prêtre désenchanté, sceptique et manipulateur, en qui la foi et l’espérance se sont taries face à la redoutable épreuve du mal ! Il n’a, en effet, pas digéré le suicide de son père qui, explique-t-il, « est mort parce qu’un jour il a réalisé que tout cela n’était que du vent ! Il faisait semblant de croire au paradis, mais au fond de lui, il n’avait aucune espérance. », traumatisme mal guéri réactivé par la mort plus récente d’une petite fille, Nina, emportée par une leucémie. « A ses funérailles, avoue-t-il, j’ai prêché un discours de réconfort alors que je pensais au fond de moi que Dieu n’existe pas… »

Autre source de malaise dans cette pièce : le sentiment d’une disharmonie intérieure chez les quatre protagonistes, d’un décalage entre l’être et le dire. En témoigne cette réplique du prêtre : « On peut tenir un beau discours sans y adhérer soi-même. ». Et on sent bien que de nombreuses réponses, pour n’être pas fausses, restent fort convenues et pour tout dire, manquent un peu de conviction.

Mais, on l’aura compris à travers le caractère outré et irréaliste de la situation imaginée, il s’agit bien ici d’une comédie destinée à faire rire, avec tout ce que cela comporte de légèreté et d’invraisemblance. Ainsi, même si certains sujets abordés sont graves et constituent de vraies questions (comment concilier la croyance en un Dieu bon et l’insupportable réalité du mal ; le doute est-il permis à l’intérieur de la Foi ?...), ce n’est pas un traité de théologie, mais une pièce de théâtre. Et, de fait, cette comédie épingle, de façon plaisante, un certain nombre de travers chez les quatre religieux sur scène : duplicité, petites perfidies, attachement excessif à l’argent (cf. la discussion du « contrat » pour le livre qu’ils doivent écrire en commun, et les supputations compliquées des diverses recettes escomptées de cette entreprise),  gourmandise (cf. les échanges savoureux sur la cuisine de « madame Papillaud » et les commentaires avertis sur « la poularde façon Antoine Westermann » ! )

Enfin, les dernières pages offrent un véritable coup de théâtre : on retrouve, en écho à la situation initiale, nos quatre personnages, mais plus vieux d’un an, répondant aux questions du public. Et là, miracle ! Le prêtre parle avec assurance et explique qu’il a retrouvé la foi : « C’est par l’amour que la foi est revenue. L’amour de nos amis. Oui, parce que l’amour est pour moi le seul nom véritable de Dieu ». Happy end donc, quoique fort rapide et peu crédible … L’idée qui se dégage est que toute réflexion ou discussion sur la foi et les religions apparaît dévaluée en comparaison de la charité concrète envers son prochain : c’est en risquant sa vie pour secourir le rabbin victime d’un malaise cardiaque que le prêtre a retrouvé la foi.

Mais, puisque nous sommes dans une comédie, c’est sur une note gourmande que s’achève la pièce avec l’impatience qu’expriment le rabbin et le prêtre de déguster enfin la fameuse « poularde…bonté divine ! »

 

Michel BORELLE

  

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[Citer] Vendredi 04 décembre 2009 - 21h 37 Sujet : Bonté divine

Merci Michel pour l'analyse que tu fais. Je ne suis pas encore allé voir la pièce mais j'ai lu le bouquin: Le huis clos entre quatre représentants des grandes religions rappelle bien sûr le côté absurde, dépeint par Jean-Paul Sartre, de la condition humaine vouée à tourner sur elle-même. Dans cette pièce, ce sont les religions elles-mêmes qui semblent tenues prisonnières et qui sont mises au défi de trouver une issue à cette existence. Le mauvais rôle est incontestablement tenu par le représentant de la religion catholique qui confesse son regret de s'être laissé berner par l'illusion de l'au-delà, tandis que le représentant du bouddhisme semble proposer l'alternative la plus réaliste. La conclusion de la pièce semble en complet porte-à-faux face à cette problématique développée par la pièce.Le prêtre sait désormais que "seul l'amour est digne de foi". C'est le titre que le grand théologien allemand Urs von Balthasar avait donné à l'un de ses ouvrages pour synthétiser sa recherche. je suis personnellement perplexe du choix fait par l'auteur de la pièce, Frédéric Lenoir: pourquoi a-t-il voulu que celui qui représente la foi chrétienne soit un prêtre qui n'a jamais eu l'expérience de la foi? A-t-il voulu projeter en lui ses propres doutes? A-t-il voulu prouver que c'est en consentant à se tourner vers les autres pour trouver un remède à l'angoisse que peut s'accomplir une véritable rencontre entre les êtres, leurs idéologies, leurs religions?

 

Abbé André MERVILLE

  

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Messages : 1

[Citer] Mardi 15 décembre 2009 - 12h 31 Sujet : Bonté divine

Je suis allé voir la pièce  "Bonté divine" , au théâtre de Douai lundi soir 14 déc avec trois amis..A la fin du spectacle les quatre acteurs ont été chaleureusement et longuement applaudis. La pièce m'a paru une comédie de boulevard, divertissante sur le sujet du dialogue des religions représenté par un prêtre catholique qui a perdu la foi ( on l'apprend au cours du scénario) , un rabbin, un Imman , et un  jeune moine bouddhiste. Ceci sur un mode burlesque. On ne s'ennuie pas, et ce divertissement peut donner à réfléchir. mais le contenu des dialogues reste sur des "poncifs" qui ne vont pas trés loin dans la réflexion. Chaque protagoniste semble renvoyé dos à dos, dans un échange de bons mots, de situations cocasses, et de répliques suggestives mais superficielles. c'est une agréable détente; un spectacle où le dialogue des religions est présenté sur le mode de la plaisanterie et en finale , chacun des protagonistes pense surtout à la bonne table avec des bons vins , qui les attent, avec une "poularde" bien cuisinée ;mais une hallal et l'autre cachère , pour ceux qui y verraient une différence ( sic) . qui leur a été annoncée dès le début de la pièce et les a mis en appêtit.

  




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