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Tour en France en Emmaüs par des jeunes de l'aumônerie de Cambraiun projet de vacances dans la tête depuis 2 ans et bien travaillé depuis 6 mois, enfin concrétisé : partager la Vie avec les compagnons et d'autres jeunes
Nous nous sommes rendus compte que ces hommes – et parfois même ces femmes (puisque certaines communautés accueillent des femmes et des enfants) - n’étaient pas très différents de nous et que l’on a beaucoup appris rien qu’en discutant avec eux. Ce camp est une expérience très enrichissante et La manière de vivre des compagnons dans les quatre communautés visitées était différente mais comparable à notre façon à nous, durant ce camp, de vivre en communauté. Même si cela n’est pas toujours évident, chacun en sort grandi et repart avec des idées pour changer certaines choses à notre niveau.
Le camp a donné l’envie à certains jeunes de passer une partie de leurs prochaines vacances en tant que bénévoles dans une communauté pour continuer la rencontre. Merci à tous les gens qui ont participé à la réalisation de ce projet d’une manière ou d’une autre. Jérémy
Ce qu’ils disaient avant de partir : « On aimerait savoir ce que les compagnons vivent ça et là. Vivre une expérience inédite et peu connue des autres jeunes. Les compagnons ont vécu plus la misère par rapport à nous ; on aimerait comprendre comment on peut vivre malgré la misère, avoir un autre point de vue que ce qu’on nous montre à la TV, avoir plus conscience des réalités. Les compagnons, malgré leur misère, ne vivent pas que pour eux ; par leur action, ils aident d’autres pays. On aimerait apprendre d’eux la générosité. Apprendre que dans la vie on ne peut pas tout avoir sans rien donner. Ça fait 50 ans que ça existe : on aimerait comprendre et savoir comment ça tient et pourquoi . On comprend que vivre, c’est aider et être aidé. » « le fait de vivre avec les compagnons, de travailler avec eux, forcément, ça nous touche nous-mêmes, y compris entre jeunes : il faudra vivre l’entraide, la solidarité, l’écoute, s’épauler…Ce serait bien de travailler par petits groupes avec les compagnons, pour montrer que c’est l’aumônerie ensemble qui a ce projet et pas quelques uns ; et pour nous aider aussi, parce que ce n’est pas toujours évident de travailler avec quelqu’un qui a vécu la galère. » « A chaque fois qu’on a fait l’expérience de Fontaine Notre Dame, à chaque fois, ça nous a amené pleins de questions sur la société, sur les fragilités, sur nous-mêmes.. » « On aimerait recevoir un goût en Vie en plus au retour »
En plus de Fontaine Notre Dame, quatre communautés ont été visitées : 5 jours à Redené, près de Quimperlé, 3 à Montauban, 2 à Toulouse et 3 à Dijon, avec les journées de transport, ça fait un beau périple.
vêtements, ce n’est pas le plus marrant ; ou classer les meubles, enlever les meubles trop pourris, ou remplir une benne de métaux en plein soleil, ce n’est pas très amusant ; mais c’est ce qu’ils font jour après jour…Et c’est comme ça qu’ils peuvent vivre et s’en sortir. »
Le coup de barre est là, alors on a la tentation de se reposer ; et puis ce sont les mots q’un responsable de communauté qui passent par là : « vous voyez, si vous restez là, à vous isoler, eh bien c’est comme si vous disiez aux compagnons que vous ne vous intéressez pas à eux ; le mieux, c’est de rester, même en ralentissant très fort le rythme et de discuter avec eux… » Une fois une première frontière franchie, celle de la peur de part et d’autre, les échanges sont fructueux : « tu te rends compte, il m’a dit pourquoi il était à Emmaüs… » La confiance naît du fait de faire des choses ensemble, un peu comme le dit l’Abbé Pierre, là avec ces mots écrits dans un des réfectoires : « l’amitié, c’est faire ensemble des choses belles et difficiles, pour la vie, dans le temps ». Et on apprend que B. est venu là pour guérir de l’alcool, après une cure de désintoxication, et qu’il passe deux mois pour garder espoir : « il faut que vous prier pour moi … » ; un autre D. d’à peine 17 ans vit dans cette communauté avec sa jeune copine et son enfant, vient de Tchékie, manie bien le français, a envie de travailler, de s’en sortir mais veut rester libre. Tel autre nous raconte qu’une épreuve, une fragilité a bouleversé son existence et qu’ au lieu ou après la rue, il a décidé de reprendre goût de vie et dignité en venant à Emmaüs ; pourtant son existence ressemblait à la nôtre…
« Nous, on privilégie l’accueil ; c’est l’accueil qui est important ; on ne se rend pas compte à quel point il y a des personnes à la rue ou en difficulté dans notre région ; alors oui, notre communauté elle est fragile et elle accueille du monde, avec des choix fait pour qu’on puisse accueillir toute personne ; on réfléchit au logement, mais ce sera encore deux par chambre… Et notre but, c’est que les personnes arrivent à s’en sortir, à retrouver une place en dehors. » C'est un troisième responsable qui parle.
Et il faut arriver à voir, regarder l’autre, le jeune ou le compagnon, au delà des apparences, du diplôme, de sa façon de parler…
Au fait, c’était quoi le projet ? allier vie avec les compagnons, avec la vacance de faux-semblants et de superficialité, la détente des relations pour mieux rencontrer l’autre, le dépaysement de son univers vers un autre horizon… « on aimerait repartir avec un goût de vie en plus… » « on peut refaire le monde… » dit la devise d’Emmaüs. A commencer par en soi, autour de soi !
Article écrit par aep cambrai
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