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Naissance de la Principauté Episcopale de Cambraide Cambrai A Cambrai, comme à Liège et à Utrecht, au lieu de la lente ascension d'une famille princière, on assista à la montée du pouvoir épiscopal qui, par la volonté de l'empereur, absorba la fonction comtale, et fit des évêques les cadres de l'administration publique. Ainsi, dans un premier temps du moins, l'ascension des Comtes de Hainaut (maison des « Regnier ») fut-elle moins linéaire que celle de leurs voisins d'outre-frontière, les puissants Comtes de Flandre, en raison notamment des disgrâces.
C'est en 948, qu'Otton le Grand accorda à l'évêque Fulbert (cinq ans avant que celui-ci ne soit confronté à l'invasion des Magyars, qui firent le siège de Cambrai, sans toutefois pouvoir y pénétrer) des droits comtaux sur la ville épiscopale, ainsi que sur la riche abbaye de St Géry, mais cette dernière attribution provoqua un long conflit avec le pouvoir temporel, jusqu'alors détenu par le comte, qui était toujours le représentant officiel de l'empereur, et auquel le bénéfice de cette abbaye avait été donné par le roi de France.
La situation de l'évêque était complexe :
De très forts liens l'attachaient donc simultanément aux deux moitiés de l'ancien monde carolingien. Dès lors, on comprend que le souci de l'empereur ait été de nommer à ce poste des hommes sûrs et fidèles. Au Xème siècle par exemple, deux évêques (Bérenger 956-958 et Tetdon 972-976), originaires de Germanie, ne savaient même pas la langue du pays, et leur nomination est significative de cette prise en mains de l'église lotharingienne. Il faudra attendre l'an 1007, soit un demi siècle, pour que les droits comtaux soient enfin confirmés à l'évêque Erluin par l'empereur Henri III.
La principauté épiscopale de Cambrai était née, mais elle se trouvait enserrée entre de puissants voisins (Comte de Flandre, Comte de Hainaut notamment), et, loin de s'entendre avec eux, elle dut perpétuellement se défendre pour contrer leurs appétits expansionnistes. S'agissant du territoire diocésain, on a vu plus haut quelles étaient ses limites au VIème siècle, qui ne changèrent plus avant 1559, sous le règne de Philippe lI d'Espagne.
Cependant l'évêque Erluin et ses successeurs se trouvèrent aussitôt confrontés à plusieurs dangers: en effet, les châtelains qui, on l'a vu, n'étaient à l'origine que des avoués de l'Eglise, cherchèrent très vite à se constituer une seigneurie personnelle, bien entendu au détriment de leur maître, et cette situation provoqua de nombreux conflits, souvent encouragés par les ambitieux et puissants Comtes de Flandre, dont le but était d'affaiblir le Comte-évêque, représentant du pouvoir impérial. Au début du XlIème siècle d'autre part, le prélat dut également tenir compte du pouvoir de la bourgeoisie locale, qui s'érigea en commune en 1102. Mais fort heureusement, à ce double poste d'évêque et de comte se succédèrent de grands prélats :
Article écrit par Michel Dussart
Publié Mercredi 15 février 2006
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