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La querelle des investitures
le Mercredi 15 février 2006
En 1075, le Pape Grégoire VII décidait d'interdire l'investiture laïque. Ce faisant, il voulait certes affranchir la papauté de la suzeraineté allemande, mais il s'attaquait ainsi à l'un des fondements du pouvoir impérial. Cette querelle dura presque un demi siècle, et ne fut réglée qu'en 1122 par le concordat de Worms, qui accordait à l'empereur l'investiture temporelle par le sceptre et au pape l'investiture spirituelle par la crosse et l'anneau. Aussi lorsque l'évêque Gérard II (1076-1092) mourut, les idées grégoriennes allaient provoquer un schisme épiscopal. En effet, à l'évêque Grégorien Manassés (1093-1103), élu d'abord, s'opposa l'évêque impérial Gaucher (1093-1106). Afin de montrer l'étendue du bénéfice tiré, notamment par le Comte de Flandre Robert II, successeur de Robert le Frison, de cette « querelle des investitures », il n'est pas inutile de préciser qu'il en profita pour finalement obtenir de l'empereur le fief de la châtellenie de Cambrai, octroyant ainsi à la Flandre une base légale pour agir désormais à l'intérieur de la Principauté même. Cette situation, qui perdurera pendant des siècles, ne fut pas sans poser de préoccupants problèmes aux évêques successeurs de Robert d'Aire, tout comme ne manqua pas d'en poser la volonté de la bourgeoisie locale à acquérir plus d'indépendance et de droits. Ainsi par exemple, l'évêque Roger de Wavrin (qui périra en 1191, au cours de la 3e croisade) eut-il d'abord à défendre ses droits sur sa résidence du Cateau (Château épiscopal) contre le Comte de Flandre, mais aussi et surtout ceux inhérents à sa fonction comtale contre les entreprises des bourgeois. Ces derniers réclamaient le droit de constituer l'échevinage, de rendre la justice, et de posséder un beffroi, c'est-à-dire, en fait, l'autonomie communale, qu'ils obtinrent, mais ne s'estimant pas satisfaits, ils voulurent aller plus loin encore, et toucher aux droits du clergé. L'empereur, en définitive, fit rentrer les choses dans l'ordre en restituant à l'évêque l'essentiel des pouvoirs qu'il avait perdus, et notamment le droit de nommer les prévôts et les échevins. Quelques décennies plus tard, l'évêque Nicolas de Fontaine modifia les structures du diocèse en créant un sixième archidiaconé, celui de Bruxelles, qui se maintiendra jusqu'en 1559. A l'intérieur de ces archidiaconés, furent créées des divisions administratives appelées décanats ou encore doyennés, dits aussi « de chrétienté ». Il y en avait désormais 18 :
D'autres conflits intervinrent encore entre le comte évêque et les bourgeois de Cambrai, notamment vers la fin du XIIème siècle, sous Enguerran II de Créqui, et le début du XIVème, sous Gui de Collemède, Philippe de Marigny et Pierre de Levis-Mirepoix. De véritables émeutes avec pillages, et mort d'hommes eurent notamment lieu en 1298, 1305 et 1313.
Article écrit par Michel Dussart
Publié Mercredi 15 février 2006
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