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Cathocambrai : Christophe, comment est venue ta vocation ?
Christophe : -Je ne me suis pas réveillé un jour en me disant : « Je sais ce que je veux devenir ! ». Non, ce fut plutôt un long et lent cheminement : la patience du Seigneur avec ses enfants. Tout a commencé un 15 août ; c'était il y a douze ans, à Beauraing, en Belgique. 
La rencontre de Gilberte Degeimbre, l'une des cinq visionnaires de la Vierge Marie, m'a vraiment retourné comme une crêpe.au point que Dieu ouvre mon coeur à l'appel à devenir prêtre. Mais il m'a fallu le recul de plusieurs années pour le relire et le comprendre. L'immersion professionnelle a été déterminante.
Tu as travaillé pendant trois avant le séminaire, pourquoi avoir décidé de quitter le monde du travail ?
-Je sais que cela peut paraître un peu fou, mais j'avais pris le temps de mûrir cette décision : une réponse libre et réfléchie à un appel devenu irrésistible. Bien sûr le boulot me passionnait, mais le Seigneur m'avait saisi ; c'est dans la confiance que je me suis laissé séduire.L'entrée au séminaire n'a rien d'une fuite ou d'un retrait du monde -l'élan généreux des premiers mois est d'ailleurs rapidement éprouvé.-. Au séminaire, nous apprenons à nous rendre disponibles autrement à ce qui fait la vie de celles et ceux que nous rejoindrons comme pasteurs.
Le prêtre, on le voit le dimanche et, parfois, à telle ou telle réunion.mais le
reste du temps, qu'est-ce qu'il fait ?
-Je crois qu'on a trop souvent tendance à considérer le prêtre à partir de notre logique marchande : aujourd'hui, on fait ou ne fait pas. S'il fallait apprécier les fruits d'un ministère à partir de son efficacité ou de sa rentabilité pour la société, les séminaires seraient vides depuis belle lurette ! Non, avant de « faire », le prêtre essaie d' « être » au milieu de ceux auxquels il est envoyé, d'être signe et serviteur de Celui qui l'a un jour choisi et appelé.
Témoin de la miséricorde du Seigneur auprès de tous, et de la communion des hommes entre eux et avec Dieu. Concrètement, cela passera par l'annonce en actes de la Parole de Dieu ; par l'accompagnement pastoral et spirituel de ceux qui viendront lui confier une peine, leur joie ; par la proposition, la préparation et la célébration des sacrements de la foi. Bien sûr, tout cela, le prêtre ne le vit plus seul.de nombreux chrétiens, par leur baptême, prennent avec lui toute leur part à la mission. Enfin, tout cela se vit plus que cela ne se raconte.ce serait bien, d'ailleurs, de suggérer aux prêtres qui le peuvent une opération « portes ouvertes au presbytère ».je suis sûr que cela pourrait
donner des idées à quelques jeunes gens.!
La prêtrise, ça bouleverse une existence, non ?
-Bien sûr, au jour de son ordination, le prêtre reçoit la faculté de célébrer
l'eucharistie et de donner le pardon de Dieu. Cela, j'imagine déjà combien cela peut changer la vie. En même temps, le grand saut -l'engagement définitif-, ce n'est pas la prêtrise -comme on le pense parfois-, mais le diaconat. C'est au jour de l'ordination diaconale que le séminariste adresse ses promesses de célibat, d'obéissance et de communion avec le peuple de Dieu. La prêtrise, c'est donc comme un nouveau saut, mais vraiment dans la continuité du « oui » déjà donné.
Quand tu regardes l'âge moyen des assemblées et l'évolution du nombre de prêtres, ici comme ailleurs, tu n'es pas un peu inquiet ?
-Ce serait vraiment mentir de dire qu'aucune question ne se pose. Le visage de l'Eglise que nous connaissons aujourd'hui évolue tellement rapidement.déjà les chantiers sont nombreux ; ils seront d'autant plus passionnants à l'avenir.
Bien malin qui pourrait dire comment concrètement, dans quinze ans, prêtres et fidèles participeront ensemble à la mission.et puis, le meilleur moyen de passer à côté du temps présent, c'est justement de trop vite se projeter en avant ! Alors, lucidité et confiance.
Le 15 octobre, tu seras ordonné prêtre aux côtés de Fabrice, diacre. Qu'est-ce que tu souhaites partager aux jeunes ?
-Simplement ma joie. On ne le dit sûrement plus assez (alors j'en profite) : suivre le Christ en apprenant à se donner aux autres peut combler une vie. J'en ai la profonde conviction. Quant au célibat consacré et choisi par amour, il n'est ni plus ni moins facile que la voie du mariage ; l'important est de correspondre au mieux à sa vocation et de découvrir avec le Christ son chemin de bonheur. Dieu nous toujours donne les moyens de répondre à ses appels ; c'est à nous de les prendre.