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7 . Une politique pour l'habitat

pendant la grève
La Fosse Renard
pendant la grève

pendant la grève

Des cours de ferme aux corons barres puis aux cités

 

Ces constants mouvements ouvriers n’empêchent pas les Compagnies de poursuivre une politique sociale que beaucoup qualifient, encore maintenant, de paternaliste. Au début du XXème siècle, leur prospérité s’affirme par une exploitation intensive dans de nouveaux sièges. Dans une sorte de consensus professionnel, toute nouvelle implantation est accompagnée de la construction d’une cité aérée. Elle est érigée à l’entrée du carreau ou à proximité du lieu de travail, pour éviter tout trajet excessif. La formule arrange tout le monde. La Compagnie y voit une façon de s’attacher son personnel et améliorer la rentabilité. Les ouvriers y trouvent le confort et l’intimité du couple à la place souvent de l’exiguïté et de la promiscuité d’une habitation dans une cour de ferme. Le loyer est modique, «trois fois moins cher » que pour une habitation de même type dans les agglomérations.

Les corons de Wallers-Aremberg
Les corons de Wallers-Aremberg

Les corons de Wallers-Aremberg

Certaines Compagnies vont loin dans le souci de régir cet habitat. A Aniche, la maison doit comporter un jardin pour que le mineur puisse s’oxygéner. Y seront plantés deux arbres fruitiers, « un pommier et un poirier ». Tout le territoire de Valenciennes à Douai et plus loin se constelle progressivement d’un nombre incalculable de cités. Avec de larges allées empierrées, elles sont, le plus souvent, excentrées du centre de la commune dont elles dépendent administrativement.

Ainsi, des sortes de «ghettos » apparaissent avec des modes de vie, des coutumes, des mentalités bien typés, des façons de penser identiques. Le tout se conforte avec des acquis sociaux de plus en plus marqués, résultat de luttes anciennes ou récentes (caisse de secours, caisse de retraite, etc.).

 

Une vie en autarcie


Un nouvel urbanisme ouvrier se développe dans un style rigoureusement identique, spécifique à chaque Compagnie, qui possède son architecte. Cette concentration n’a pourtant pas que des avantages. La corporation vit en autarcie, se replie sur elle-même, ignorant ce qui peut se passer à la périphérie. De la même façon, elle est ignorée par les Centres (villes) qui portent à son sujet des appréciations, pas toujours amènes. Surtout elle perd le sens de la responsabilité, habituée à dépendre de l’employeur qui lui met le maximum de facilités à sa disposition.

La Goutte de Lait à Ostricourt
La Goutte de Lait à Ostricourt

La Goutte de Lait à Ostricourt

Les Compagnies ne lésinent pas pour procurer tous les équipements sociaux qu’elles mettent à disposition des habitants. Elles installent des infirmeries et des dispensaires, tenus le plus souvent par des Sœurs de divers ordres. Y sont dispensés les soins médicaux et la consultation des nourrissons que l’on appelle "la goutte de lait".

A la Renaissance (à Lallaing), les Sœurs de St Vincent de Paul arrivent sitôt achevée la construction de la cité, en qualité d’infirmières. Très vite, dans deux logements, elles s’occupent d’un ouvroir pour les filles, avant de faire la classe aux enfants de mineurs, éloignés de l’école communale. Leur départ en 1904, à la suite de la promulgation des lois anti-congréganistes, provoque une insurrection dans la commune.

C’est dans notre région, et plus précisément dans le bassin minier, que sont nés les plus importants mouvements ouvriers.

La grève d’Anzin en 1884 conteste la décision de la compagnie qui confie l’entretien du boisage aux abatteurs et supprime les postes de raccommodeurs.

A la tête du mouvement –un des premiers réellement organisés- Emile Basly et la Chambre Syndicale des mineurs qui entame la grève en février. Elle dure trois mois et depuis Denain, elle se généralise à toutes les fosses de la compagnie d’Anzin…

Mais la faim et l’envoi des troupes par les autorités ont raison des grévistes qui reprennent le travail. Ce mouvement marquera le passage d’actions locales à des conflits étendus à tout le bassin.

Vous pouvez retrouver ces éléments dans l’exposition La vie quotidienne du mineur au Centre Historique Minier.

Article écrit par Michel Dussart    Publié Lundi 05 mars 2007     - 605 visites
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