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7 . Une politique pour l'habitatDes cours de ferme aux corons barres puis aux cités
Ces constants mouvements ouvriers n’empêchent pas les Compagnies de poursuivre une politique sociale que beaucoup qualifient, encore maintenant, de paternaliste. Au début du XXème siècle, leur prospérité s’affirme par une exploitation intensive dans de nouveaux sièges. Dans une sorte de consensus professionnel, toute nouvelle implantation est accompagnée de la construction d’une cité aérée. Elle est érigée à l’entrée du carreau ou à proximité du lieu de travail, pour éviter tout trajet excessif. La formule arrange tout le monde. La Compagnie y voit une façon de s’attacher son personnel et améliorer la rentabilité. Les ouvriers y trouvent le confort et l’intimité du couple à la place souvent de l’exiguïté et de la promiscuité d’une habitation dans une cour de ferme. Le loyer est modique, «trois fois moins cher » que pour une habitation de même type dans les agglomérations. Ainsi, des sortes de «ghettos » apparaissent avec des modes de vie, des coutumes, des mentalités bien typés, des façons de penser identiques. Le tout se conforte avec des acquis sociaux de plus en plus marqués, résultat de luttes anciennes ou récentes (caisse de secours, caisse de retraite, etc.).
Une vie en autarcie
A la Renaissance (à Lallaing), les Sœurs de St Vincent de Paul arrivent sitôt achevée la construction de la cité, en qualité d’infirmières. Très vite, dans deux logements, elles s’occupent d’un ouvroir pour les filles, avant de faire la classe aux enfants de mineurs, éloignés de l’école communale. Leur départ en 1904, à la suite de la promulgation des lois anti-congréganistes, provoque une insurrection dans la commune. C’est dans notre région, et plus précisément dans le bassin minier, que sont nés les plus importants mouvements ouvriers. La grève d’Anzin en 1884 conteste la décision de la compagnie qui confie l’entretien du boisage aux abatteurs et supprime les postes de raccommodeurs. A la tête du mouvement –un des premiers réellement organisés- Emile Basly et la Chambre Syndicale des mineurs qui entame la grève en février. Elle dure trois mois et depuis Denain, elle se généralise à toutes les fosses de la compagnie d’Anzin… Mais la faim et l’envoi des troupes par les autorités ont raison des grévistes qui reprennent le travail. Ce mouvement marquera le passage d’actions locales à des conflits étendus à tout le bassin. Vous pouvez retrouver ces éléments dans l’exposition La vie quotidienne du mineur au Centre Historique Minier.
Article écrit par Michel Dussart
Publié Lundi 05 mars 2007
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