La cité est une grande famille, toutes les générations, les handicaps, la maladie ; on est regardé non pour son apparence mais pour ce qui ressort de nous ; le look ne compte pas : on est tous couverts d’un même habit de bonté par le regard bienveillant. »
Nous étions près d'une centaine à nous embarquer en bus pour le pèlerinage diocésaine de Lourdes. Deux cars ont fait le ramassage : un dans les villes de Maubeuge, Valenciennes, Saint Amand-les Eaux, et un autre est passé à Douai, Aniche et Cambrai. Nous voilà partis en convoi pour une longue nuit vers le pays de Bernadette, pour vivre comme elle la découverte de la "belle chose" (aquero) comme elle disait, Notre Dame de Lourdes.
On pourrait croire qu'une nuit de car, c'est pire qu'une nuit de train; il n'en est rien. On fait des arrêts multiples forts appréciés dans des parkings qui ont tout ce qu'il faut pour notre confort. Respirer l'air frais de la nuit, se détendre les jambes, fumer une cigarette sous le ciel étoilé, boire une gorgée d'eau, et nous voilà requinqués pour l'étape suivante. Avant de tirer les rideaux et d'éteindre la lumière, un DVD sur la vie de Bernadette, à l'aller comme au retour, nous a bercé au son des clochettes des Pyrénées ou du couvent des Sœurs de Nevers.
Le lendemain matin nous sommes arrivés à la cité mariale sous un beau ciel bleu avec quelques nuages qui ont bien voulu attendre le soir avant de tomber sur nous. L'accueil du couple Jean et Odile a quelque chose de magique : on oublie le sommeil, les courbatures, le poids de la valise. On est aux portes du paradis : à la Cité Saint Pierre, on est bien.
Voici quelques témoignages et quelques photos de notre semaine.
« Le pèlerinage est pour moi une aventure unique ; c’est un endroit très religieux avec ses lieux spirituels, son paysage des Pyrénées extraordinaire et ses bénévoles accueillants et très serviables. Ce que j’ai trouvé de merveilleux, c’est le moment du bain. Se laver dans l’eau de la source, les malades qui y viennent sont pris en charge avec un grand respect de leur corps, ce qui les met dans un grand moment de bonheur.
La messe internationale est tout aussi extraordinaire ; c’est la même foi en le Christ qui réunit tant de langues, de nations et de personnes différentes dans un même lieu. Le nombre de prêtres et d’évêques était impressionnant, tout comme le nombre de pèlerins, de malades et de bénévoles.
A la cité Saint Pierre, les repas sont excellents et servis dans un lieu agréable et beau.
La Cité Saint Pierre, lieu où nous résidons pendant notre séjour, offre un moment de partage inouï. J’en garderai un magnifique souvenir. »
( Mélanie a quinze ans, et c’était sa première fois à Lourdes )
« A la Cité Saint Pierre, j’y suis pour la quatrième fois, toujours le même accueil, la même solidarité. En effet, à la Cité, la sérénité, le partage, les échanges et la non-différence(tous au même niveau) font la force de ce lieu.
A la grotte, on se sent porté, allégé des fardeaux de la vie, on y prie, on y revit. Malgré tous les méandres de la vie, ici à Lourdes, on retrouve la force de continuer son chemin ».
(Mauricette est une maman qui a accompagné son fils Stéphane en fauteuil à Lourdes trois fois de suite. L’année dernière il est décédé dans des circonstances difficiles.)
« Lourdes est beau, magnifique. La cathédrale Pie X est immense. Mais c’est la Cité Saint Pierre qui me plaît beaucoup. Je suis à Lourdes pour la première fois avec mes parents et ma petite sœur Zoé. Nous venons de Maubeuge…. A la Cité, on se fait vite des amis ; j’ai rencontré des gens de toutes les nationalités, même à la Cité, pas seulement près de la grotte. Lourdes et la Cité Saint Pierre, c’est l’air pur, bref, l’endroit idéal pour passer des vacances. »
(Jean Baptiste a dix ans)
« La cité est une grande famille, toutes les générations, les handicaps, la maladie ; on est regardé non pour son apparence mais pour ce qui ressort de nous ; le look ne compte pas : on est tous couverts d’un même habit de bonté par le regard bienveillant. »
(Marie José, mère et grand-mère, ayant perdu son fils de 28 ans dans un accident et accompagnant son petit-fils en fauteuil ; la 1ère fois à Lourdes)
Lourdes c’est cela et beaucoup plus. Chacun vit son propre mystère, soutenu par l’amitié et la prière des autres pèlerins.
La joie était aussi et largement de la partie. A la Cité Saint Pierre, il y avait en même temps que nous un groupe d’une centaine de gitans, toujours prêts à chanter ; de même un groupe d’Albanais ; ils ont organisé une soirée inoubliable de chants de danses, incroyable de bonté, de jeunesse, de rire, d’amour vrai ; même les fauteuils sont entrés dans la ronde. Notre groupe aussi a contribué largement à l’esprit de fête ; nous avions un chanteur-compositeur parmi nous.
On ne peut pas vous cacher que la semaine du 19 au 26 août fut la semaine la plus mouillée de tout l’été : des trombes d’eau nous ont rafraîchi les idées, mais elles n’ont pas éteint nos esprits, ni même nos cierges à la procession des flambeaux. A Lourdes, on est porté par une force qui fait oublier les obstacles ; un pèlerin a témoigné que chez elle, elle ne sortait plus, n’allait plus à la messe à cause de ses jambes, mais à Lourdes, elle a su et pu monter de la grotte à la Cité, à pied, encouragée par ses amies. Fini la réclusion, elle fera sa petite marche tous les jours, vers les autres ! C’est cela Marie, Bernadette, Lourdes, la grotte bénie, l’eau de la source, la pénitence demandée par la Vierge.
Vivement l’année prochaine, le cent cinquantième anniversaire des Apparitions !