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Réco des Hospitalier(ère)s à NeversLes 11, 12 et 13 novembre une centaine de membres de l'Hospitalité de Lourdes se sont retrouvés à Nevers pour leur récollection annuelle
le Vendredi 11 novembre 2005
le Samedi 12 novembre 2005 L'Hospitalité de Lourdes du Diocèse de Cambrai a vécu une récollection à NEVERS
Les 11, 12 et 13 novembre, les Hospitalières et Hospitaliers de Lourdes, du Diocèse de Cambrai, ont passé trois jours en récollection à Nevers, sur les pas de Bernadette.
Nous étions une centaine à vivre ce moment fort de ressourcement, de réflexion, de prière. Reçus fort agréablement au Couvent de St Gildard par les Soeurs de la Charité de Nevers, nous avons vécu des moments d'intense richesse. La Réco a commencé par une prière à la "grotte de Lourdes", construite cinq ans après la mort de Bernadette. Elle ne l'a donc pas connue. Puis, nous avons essayé de "revivre" le moment intense qu'a vécu Bernadette quand, le 7 juillet 1866, à 22 heures, elle a franchi le portail du Couvent de Nevers et a découvert cette "grande batisse", dans lequel elle passera 13 années. Pour terminer cette première journée, le Père Dominique Foyer nous a aidés à vivre un moment d'Adoration Eucharistique. En prenant le thème : "de Bethléem ( la maison du pain ) à Emmaüs", il nous a montré que le Corps du Christ nous est donné de trois manières : - par sa Parole, dans les Ecritures ( ancien et nouveau Testament ) - par les Sacrements et en particulier l'Eucharistie - par nos Frères : à découvrir, à aimer, à servir. Et de nous poser la question : "et nous, que faisons-nous pour valoriser l'Eucharistie au coeur de la vie de l'Eglise ?" Le lendemain, avec Soeur Denyse, nous avons continué à suivre les pas de Bernadette dans sa vie à Nevers. La salle des postulantes où nous nous trouvons est importante pour deux raisons. La première, c'est là que quelques jours après son arrivée, Bernadette a raconté, une fois pour toutes, devant 300 Soeurs de la Charité, ce qu'elle avait vécu à Lourdes entre février et juillet 1858. La deuxième, c'est aussi là que, 18 mois plus tard, le 30 octobre 1867, Bernadette a pris son premier engagement au sein de la Congrégation des Soeurs de la Charité.
Bernadette disait : " j'aime m'occuper des pauvres, j'aime soigner les malades". Mais lorsqu'il s'est agi de donner les obédiences aux novices et de les affecter aux différentes maisons de la Congrégation, Bernadette fut appelée la dernière... et entendre : "que peut-elle faire ? Elle n'est bonne à rien ! " L'Evêque, Mgr Forcade, lui confia "l'emploi de la prière". Et Bernadette fut affectée à la Maison de Nevers, comme aide-infirmière. Son projet a été brisé, elle en a été fort affectée, déstabilisée, même. Mais elle a su conservé "un petit espace de confiance", un petit espace qui lui ouvrira l'avenir. Et soeur Denyse de nous poser la question : " Comment, dans notre vie, se sont ouverts des chemins d'espérance, là même où nous ne les attendions pas ?" 6 juillet 1866 ..... 13 avril 1879 : 13 années passées à Nevers. Bernadette a vécu cette période intensément dans le service aux autres, dans la prière, dans la souffrance. Elle laisse une quantité de réflexions telles que : Ma vie, nul ne la prend, c'est Dieu qui la donne Tout ce qu'on reçoit est à partager il faut aimer sans mesure Je ne vivrai pas un instant que je ne le passe en aimant Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement Quand on obéit, on ne se trompe pas Il faut accepter ce que le Bon Dieu envoie Nous sommes allés prier à la grotte de Notre Dame des Eaux, au fond du jardin. Cette grotte a été secourable à Bernadette : elle y est allée prier souvent. Elle a dit : "De mon côté, je ne vous oublie pas devant Notre Dame des Eaux, qui est au fond du jardin, dans une espèce de grotte; c'est là que je fus dégonfler mon coeur les premiers jours et, depuis, notre chère maîtresse a bien voulu nous y laisser aller tous les jours".
Comment Bernadette peut nous interroger et nous marquer dans nos vies ? C'est dans le quotidien de la vie que Bernadette a vécu l'Evangile. Nous devons vivre notre foi dans la vie de tous les jours. La façon avec laquelle Bernadette a servi doit nous amener à penser, à réfléchir sur notre propre manière de nous mettre au service de .... Quelques pistes : - la tendresse de Bernadette - à Lourdes, Bernadette a agi, à Nevers, elle s'est laissée "agir" par Dieu - la qualité d'écoute de Bernadette, qui donne à l'autre la capacité d'accepter de se laisser faire ( dans la dépendance, parfois ) - la qualité du regard de Bernadette qui lui permet de "voir" ce qui se cache Dans la chapelle du Couvent, Bernadette est souvent venue prier. Quand elle était souffrante à l'infirmerie, elle pouvait entendre les offices depuis une tribune. Dans sa souffrance, Bernadette disait :
"Donnez-moi le Pain de force, de patience, de charité, pour traverser cette épreuve". "Je suis moulue comme un grain de blé !"
Et dans les derniers moments : " Priez pour moi, pauvre pècherette " ( à rapprocher des paroles du Christ " Père, entre tes mains, je remets mon esprit " )
Le corps de Bernadette fut inhumé dans la chapelle St Joseph de 1879 à 1909. Dans cette chapelle, le tombeau est maintenant vide ( Bernadette, dont le corps est incorruptible, repose dans un cercueuil de verre dans la chapelle du couvent.)
Cette "expérience" du tombeau vide n'est pas sans rappeler celle d'un "autre tombeau vide" le matin de Pâques. Quelques idées des homélies du P Dominique Foyer lors des célébrations. Dans Luc 18, 1-8 - Le juge inique et la veuve importune - La parabole est pleine de bon sens, mais la finale ; "Mais le Fils de l'homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ?" est terrible ! Jésus semble envisager que plus personne ne serait croyant ! Sans doute pour nous mettre devant nos responsabilités. Nous sommes libres et .... responsables. Est-ce que nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour que la Foi se développe ? L'impression que nous pouvons avoir de temps en temps est que Dieu ne nous écoute pas ! Pouvons-nous croire cela ? Dieu ne nous exauce pas toujours selon nos propres attentes. Dieu n'est pas sourd à nos prières, mais parfois, il nous renvoie à nos propres responsabilités. Tous les jours, présentons au Seigneur nos préoccupations : il fait des merveilles, mais attention, pas toujours là où nous l'attendons. Dans Matthieu 25, 14 - 30 -parabole des talents - "Jésus parlait de sa venue..." Nous entendons cette phrase tous les dimanches en ce moment. Le chrétien est dans l'attente du Christ. Il reviendra dans la gloire. Soyons vigilants. Le veilleur refuse de succomber à la torpeur - à la différence du "ron-ron" du monde ! Il reviendra et ce jour ne nous surprendra pas : ne pas chercher les délais, les dates, quand ? Ce n'est pas notre problème. Être prêt, veiller. Mais ça peut sembler long ! Matthieu dit : "longtemps après, leur maître revient ". Mais ce n'est pas parce que cela semble lointain qu'il ne faut rien faire ! Le maître a confié toutes ses richesses à chacun selon ses capacités. Le maître sait ce qu'il fait : il fait confiance. Que font les serviteurs ? Deux s'activent, un ne fait rien. ( Au temps de Jésus, le meilleur moyen de conserver sa richesse était de l'enterrer. Placer l'argent à la banque était tellement risqué ! ) Or, c'est celui-là qui, justement, enterre son talent qui se fait blâmer ! Le maître fait l'éloge de ceux qui ont pris des risques. Il a eu peur, j'ai eu peur, c'est là la clef de cette parabole. Quelle est la qualité de notre relation au Seigneur ? Avons-nous peur ? Avons-nous la confiance ? L'Eglise vit dans l'attente du retour. Elle a en charge le trésor du Christ. A nous de le faire fructifier, même en prenant des risques. Quels sont les initiatives que nous sommes capables de prendre pour que l'Evangile se diffuse, pour que d"autres deviennent chrétiens ? Sommes-nous dans la méfiance ou dans la confiance ? Jean-François Delaby nous a partagé sa réflexion-méditation sur ce passage de Matthieu 25, 1-13 Des mots à retenir : venue - invité - époux - la nuit - sortez - s'assoupir. Cinq vierges étaient prévoyantes, cinq autres étaient insensées.
Les prévoyantes Cette "prévoyance" procède d'une connaissance des choses. Mais s'agit-il d'une sagesse "confiante" ou de peur ? Pour fortifier notre Foi, nous avons à apprendre à connaître Dieu. De sorte que, dans les difficultés qui peuvent se présenter, nous soyons forts - il y a de la "réserve" ! comme dit St Paul - Ep 6 - "Rendez-vous puissants dans le Seigneur et dans la vigueur de sa force" Prêts pour mener le combat devant le Mal : cuirasse, armure, casque, glaive ... Les insensées Qui ont perdu le sens ou qui n'ont pas d'expérience ou qui font excès de confiance Elles ont commis deux erreurs : - Elles n'ont pas pris d'huile en réserve : c'est pardonnable, car elles ne savaient pas - Elles partent chercher de l'huile... ailleurs. Or, c'est sûr, pendant ce temps, l'époux va arriver ! Il vaut mieux attendre dans la nuit, dans l'obscurité, le Seigneur que d'aller voir ailleurs ! Si on va ailleurs, on loupe certainement la rencontre ! En conclusion, ce fut un grand moment, extrèmement riche. Nous avons "rencontré" Bernadette à Nevers et elle nous a appris la "confiance". Ce mot est revenu souvent dans la bouche de soeur Denyse et de Dominique à propos de Bernadette. Elle nous a appris l'humilité, la patience, le courage dans l'épreuve. Beaucoup de qualités que nous, hospitalières et hospitaliers, nous devons nous efforcer d'acquérir au contact de nos malades. Merci à Notre Dame de Lourdes et à Bernadette ! Merci à ceux qui nous ont aidés à vivre ce temps de ressourcement et de prière.
Article écrit par Fernand DERVAUX.
Publié Lundi 21 novembre 2005 21h37
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