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HOMELIE DE Mgr Garnier - Festi'ParoissesLE TRESOR QUI GRANDIT QUAND ON LE DONNE ... à 2 conditions Nous avons reçu un trésor. Nous avons reçu un trésor : il ne craint pas les voleurs. "Il nous a été remis ; il est entre nos mains sans aucun mérite de notre part. Et ce trésor nous fait vivre ; il éclaire notre existence à jamais ; il nous donne la joie de croire en un Dieu qui aime tous les hommes". Il nous offre un Evangile de béatitudes bien au-delà de nos petits bonheurs. D'où l'envie de le communiquer, de le partager avec qui voudra. D'autant plus que ce trésor, à l'inverse de ceux dont parlent les banquiers, grandit quand on le donne. D'où comme l'obligation intérieure de le proposer, de l'offrir simplement en disant : "Venez, voyez et choisissez". Ce trésor a un nom – vous l'avez deviné – un nom au-delà de tout nom : Jésus le Christ. En Lui et à jamais, nous pouvons tout voir de la beauté d'un homme quand il est rempli de Dieu. Nous pouvons tout voir de la beauté d'un Dieu quand il est rempli de l'homme. En Lui et à jamais, nous pouvons tout voir de la beauté d'un homme enfin réussi ; nous pouvons tout voir de la beauté d'un Dieu enfin aimable. En ce jour unique, dans ce stade devenu Cathédrale où nous demandons à l’Esprit de Pentecôte de nous libérer de toute nostalgie du passé et de toute peur de l’avenir, je veux vous adresser deux appels aussi simples qu’urgents : Lisez l’Évangile, aimez l’Église. Ê Lisez l’Évangile ! Nous sommes très peu nombreux à avoir lu un Évangile en entier. A voix haute. Lentement. Le crayon à la main pour souligner les paroles qui ne s’usent pas. Pour qu’elles entrent dans nos têtes dures. Celles qui nous disent sans mots compliqués, sans aucun artifice, "comme" Il nous aime ! "Il" ? Jésus ou son Père. C'est tout un. C'est lui qui le dit. Nous n'aurons jamais fini de lire et relire l'Évangile et de contempler sa manière unique d'aimer, d'aimer mieux, d'aimer toujours, d'aimer quand même ! Regardez : il se dessine en paysan un peu fou... Il sème partout, sans aucun sens de l'économie, pas seulement dans la bonne terre qui rapporte, mais sur le chemin des oiseaux, sur le rocher brûlant et dans les épines qui étouffent. Les douze se demandent – un peu bêtes – qui est le plus grand ? Il appelle un petit enfant. Ils discutent sur le nombre des pardons à donner ? Il leur dit soixante dix fois sept fois. On veut le faire roi ? Il refuse ce genre de gloire et s'enfuit dans la montagne pour prier. On veut savoir qui est le plus croyant en Israël ? Il dit que c'est un centurion romain païen. On veut savoir qui a la plus grande charité en Israël ? Il dit que c'est la pécheresse qui lui parfume les pieds. Il aime la fidélité des époux ? Il est pourtant le seul à défendre la femme adultère. Tout le monde l'a montrée du doigt du côté de Samarie ? Il lui demande un peu d'eau, elle est la seule à qui il confie qu'Il est le Messie. Cet arbre qui ne porte aucun fruit ? Il dit qu'il ne faut pas le couper, encore espérer et continuer de le cultiver. Sa préférence de cœur est pour les pauvres ? Il s'invite aussi chez Zachée qui se cache dans son arbre. Lui, le Seigneur et le Maître ? Il se met à genoux devant ses apôtres et leur lave les pieds. On le crucifie en se moquant de Lui ? Il prie son Père de pardonner ceux qui se moquent sans savoir. On veut lui prendre sa vie ? Il dit qu'il nous la donne. On Lui donne du vinaigre ? Il nous offre son sang. On le croit mort à jamais, prisonnier de sa tombe ? Il parcourt déjà les jardins de Judée, le chemin d'Emmaüs et les bords du Lac de Tibériade. Pierre l'a renié ? Il lui confie l'Église. Paul l'a persécuté ? Il le charge de la mission dans les nations. Il semble nous quitter ? Il est plus que jamais présent par son Esprit. Nous avons peur de la souffrance et de la mort ? Il n'arrête pas de nous dire que nous sommes faits pour la vie éternelle, la même que la sienne. Et qu'il nous y attend, qu'il nous y prépare une place. Ë Aimez l'Église ! Nous avons parfois du mal à l'aimer. Nous en savons les faiblesses et les rides. Et même les péchés, reconnus courageusement par notre pape Jean-Paul II au passage du nouveau millénaire. Nous souffrons de ses divisions qui, trop souvent, neutralisent et stérilisent sa mission dans le monde. Nous sommes parfois tentés par la lassitude, et même par l'abandon. Chers frères et sœurs baptisés, que nous grandissions dans l'amour de l' Église. Tout simplement parce qu'elle nous donne le meilleur de nous-mêmes. Par ses ministres ordonnés les plus simples, et même par les plus pécheurs, elle nous offre l'Évangile, elle nous donne le corps du Christ, elle nous propose son pardon, elle nous confie l'Alliance, elle nous raconte la vie des saints et des saintes, elle nous désigne le ciel. Elle nous invite à entrer dans la danse de Dieu, à aimer le monde comme Lui, à le servir comme Lui. Elle n'arrête pas de nous répéter la parole d'or de Jésus "Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés". Ceux et celles qui aiment l'Église ne passent pas leur temps en critiques inutiles. Ils ne regardent pas le passé avec des lunettes roses et l'avenir avec des lunettes noires. Ils ne cultivent pas les nostalgies stériles. Ils ne rêvent pas de l'impossible. Comme évêque, j'ai très souvent la chance de rencontrer ceux qui aiment l'Église ; et vous en êtes, si vous êtes là aujourd'hui ! Je fais alors souvent le même constat que Paul : "Regardez, frères : parmi vous il n'y a pas beaucoup de sages aux yeux des hommes, ni de gens puissants ou de haute naissance. Au contraire, ce qu'il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour couvrir de confusion les sages ; ce qu'il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour couvrir de confusion ce qui est fort..." (1 Co 1, 26-27) et je rends souvent grâce à Dieu, avec les mots mêmes de Jésus : "Je te bénis, Père : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l'as révélé aux tout petits". Oh oui, vous êtes là, sinon par le corps, au moins par le cœur, – vous tous et toutes, qui avez accepté la mission confiée aux 250 équipes-relais : au nom de Jésus, aimer, servir, accueillir et prier au plus près des hommes et des femmes de votre quartier ou de votre commune ; Et vous tous, – vous qui savez faire fidèlement la part des pauvres dans votre budget pour qu'une mondialisation de la solidarité s'organise ; Et vous, – vous qui tenez bon les promesses de fidélité que vous avez faites ; Et vous, – vous qui êtes catéchistes, vous qui apprenez la langue des enfants, des jeunes et des adultes catéchumènes pour leur annoncer l'Évangile, Vous tous et toutes, vous êtes notre joie, une joie imprenable et chaque jour renouvelée. Vous cherchez à aimer comme Il aime ! Vous lisez l'Évangile et vous aimez notre Église. Vous faites la vie de notre diocèse de Cambrai. @ François GARNIER
Article écrit par Michel Dussart.
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Cette page provient de la rubrique : Festi'Paroisses les 8 et 9 juin 2003 |