La journée a débuté par la messe internationale célébrée à la basilique Saint-Pie-X, présidée par Mgr Vincent Dollmann, en présence des prêtres, des diacres et des différentes communautés. Un temps fort de communion avec les nombreux pèlerins présents à Lourdes, venus de diocèses et de pays différents.
Dans son homélie en français, Mgr Dollmann est revenu sur la question posée par Jésus à ses disciples dans l’Évangile de ce dimanche : « Le Fils de l’homme, qui est-il, d’après ce que disent les hommes ? » avant de les interroger personnellement : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Ces questions demeurent profondément actuelles et viennent interroger la foi de chacun. À l’image de saint Pierre, elles invitent à une double confiance : confiance dans l’intelligence et la raison humaines, mais aussi confiance dans l’enseignement de l’Église. Les apôtres, explique Mgr Dollmann, sont des « chercheurs de vérité ». Pour répondre au Christ, ils s’appuient sur leur connaissance des Écritures et sur les débats de leur époque. Jésus les encourage ainsi à ne pas opposer foi et raison, mais à les faire dialoguer. Une réflexion particulièrement actuelle dans une société fascinée par le développement technologique - thème de son enseignement ce dimanche soir -, où la foi peut parfois être réduite à une simple opinion ou à un sentiment personnel.
Pour Mgr Dollmann, « foi et intelligence sont liées ». L’intelligence exercée sincèrement peut ouvrir un chemin vers la foi, notamment à travers l’émerveillement suscité par l’harmonie du cosmos, mais aussi par la découverte de l’histoire du peuple juif et de la promesse du Messie qui trouve son accomplissement dans le Christ.
Faire l’expérience du Christ dans l’Église
Mais cette quête de vérité ne s’arrête pas à une recherche intellectuelle. Elle conduit à une rencontre et à une relation. En répondant : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant », Pierre reconnaît l’identité véritable de Jésus. Le Christ lui confie alors une mission particulière au sein de l’Église.
Une confiance dans l’Église qui n’est pourtant « pas évidente aujourd’hui », reconnaît l’archevêque, dans une société marquée par l’individualisme et où chacun est souvent invité à décider par lui-même. Il peut alors devenir difficile de se laisser conduire et enseigner par d’autres ou de reconnaître dans l’Église autre chose qu’une simple structure humaine. Mgr Dollmann a alors proposé aux pèlerins de relire cette question du Christ à la lumière de leur propre chemin : « Pour vous, qui suis-je ? » Il a notamment évoqué sainte Bernadette. À Lourdes, la jeune fille a elle aussi laissé sa foi être fortifiée et son intelligence éclairée par la rencontre avec la Vierge Marie. « Et nous, pèlerins de Lourdes, saurons-nous avec saint Pierre et sainte Bernadette reconnaître Jésus comme le Fils de Dieu et vivre de Lui dans l’Église où il se donne ? », a finalement lancé Mgr Dollmann aux pèlerins.
Une question qui aura accompagné les diocésains tout au long de cette journée, avant un autre temps de réflexion proposé par l’archevêque en fin d’après-midi.
À la découverte du patrimoine pyrénéen
L’après-midi a laissé place à la découverte et à la détente. Le service diocésain des pèlerinages a proposé une excursion aux grottes de Bétharram. Une belle occasion pour les pèlerins de découvrir un autre aspect du patrimoine naturel des Pyrénées, dans un cadre spectaculaire.
D’autres groupes ont choisi de profiter de cette demi-journée pour partir à la découverte d’autres richesses du patrimoine pyrénéen, chacun selon ses envies et son rythme.
L’intelligence artificielle au service de l’homme ?
En fin d’après-midi, Mgr Vincent Dollmann a donné son troisième enseignement. Après avoir consacré ses deux premières interventions à la figure de Marie et au ministère du pape, l’archevêque de Cambrai a proposé aux pèlerins une réflexion sur un sujet particulièrement actuel : Magnifica Humanitas, la première lettre encyclique du pape Léon XIV, consacrée à la protection de la personne humaine à l’ère de l’intelligence artificielle.
Dans cette première encyclique, Léon XIV porte un regard particulièrement actuel sur les transformations provoquées par les nouvelles technologies. Pour le pape, la technique n’est pas neutre. L’essor fulgurant de l’intelligence artificielle bouleverse déjà nos manières de travailler, d’apprendre, de communiquer et même de penser. Sa progression extrêmement rapide rend les mutations à venir difficiles à anticiper et soulève de nombreuses questions inédites.
L’enjeu est donc de ne pas considérer l’intelligence artificielle uniquement sous l’angle de ses performances ou de ses possibilités. La question fondamentale demeure celle de la personne humaine : comment faire en sorte que le progrès technologique reste au service de l’homme, de sa dignité, de sa liberté et de sa capacité à entrer en relation avec les autres ?
Un questionnement particulièrement important pour les chrétiens, appelés à porter sur les évolutions de leur époque un regard à la fois ouvert, responsable et profondément enraciné dans la dignité de toute personne.
Dernière journée lundi : trois grands rendez-vous
Un sujet à méditer et à approfondir pour les pèlerins du diocèse de Cambrai, qui vivront lundi leur dernière journée à Lourdes. Trois grands temps forts viendront marquer cette ultime étape du pèlerinage : la célébration d’envoi, le dépôt des cierges et la messe de l’onction des malades.
À Lourdes, Samuel Petit