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18 LA GUERRE DE 1939 -1945 Suite

le Lundi 01 oct 2007

Comme en 1914, ils mettent en place un bureau spécial avec hauts fonctionnaires du Reich, pour diriger les Mines du Nord et Pas-de-Calais. Un Directeur aux Affaires économiques est installé à Lille avec des professionnels venus de la Ruhr.
Chaque Directeur est mis en demeure le 14 juin de remettre en route la production après réparation et dénoyage des chantiers du fond. Celui d’Anzin ne revient pas à son poste. Il se suicidera dans l’entre-temps. Le Directeur allemand des Mines de la Ruhr vient lui-même inspecter l’état des chantiers.
Vouloir décrire la vie des mineurs durant les quatre années à venir, ressemblerait étrangement à celle analysée plus avant, durant le premier conflit. Mêmes tracasseries, même ambiance lourde de travail, même pénurie de ravitaillement pour les hommes, manque d’entretien des installations et du matériel ! Cependant les Compagnies essaient de s’accommoder en fonction des circonstances car la situation n’est pas tout à fait identique à la précédente. L’occupation affecte une grande partie de la France. Deux ans après, elle recouvrera tout le territoire. L’Etat Français est en place même si le Nord est inclus dans la zone interdit, avec possible rattachement à la Belgique pour former un Land allemand. Les Directions prennent souvent une position équivoque, faisant allégeance au Maréchal Pétain. Par contre, les ouvriers entrent, très tôt, en résistance contre l’occupant.
Les conditions de travail et le manque de ravitaillement sont le motif de grèves très appuyées en mai/juin 1941, déclenchées dans le Pas-de-Calais. Les Compagnies du département du Nord ne restent pas à la traîne. Le mouvement est général. Il dure plus d’une semaine suivant les puits. La Gestapo et la Wehrmacht interviennent sur les carreaux et dans les cités, avec la fermeté qu’on leur connaît. Des mineurs sont arrêtés et déportés dans des prisons ou camps allemands dans des conditions très dures. Certains ne reviendront pas ou reviennent dans des conditions atroces, suite aux mauvais traitements endurés. Les Allemands devront néanmoins promettre un surplus de ravitaillement, pour ramener un semblant de calme.
Mais la corporation dans son ensemble entre en résistance, active ou larvée. Les attentats contre les installations d’exploitation ou ferroviaires ne se comptent pas, les vols de dynamite se multiplient, les rendements se restreignent avec un absentéisme important souvent voulu, les détournements de wagons de charbon à destination de l’Allemagne deviennent courants, etc.
L’extraction se poursuit dans des conditions difficiles. Ce ne sont pas les embauchages de jeunes inexpérimentés ou les prisonniers russes, parqués derrière des fils de fer barbelés, dans des conditions inhumaines à Hornaing ou Sin-le-Noble, qui peuvent améliorer la situation. Elle est en passe de se dégrader plus encore en fin 1943. Tout au plus, les Mines ont l‘avantage de permettre aux jeunes, passibles du STO, d’obtenir une carte de travail pour leur éviter un départ en Allemagne.
Au début 1944, le bassin revit ce qu’il avait enduré vingt-cinq ans plutôt. La population, en général, a faim. Le ravitaillement manque. Les arrestations se multiplient sur les lieux de travail pour menées communistes, faits de résistance ou simplement en qualité d’otages. Les sinistres affiches «Bekanntmachung », faisant état d’exécutions, sont placardées aux sorties des fosses. Le climat est de plus en plus délétère.
La corporation attend des événements qui pourraient lui redonner l’espoir d’une vie meilleure. L’année mettra-t-elle un terme à toutes les vexations et à toutes les difficultés ?  


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Article publié par Michel Dussart • Publié Lundi 01 octobre 2007 • 3409 visites

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