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17 LA GUERRE DE1939 à 1945 - 1


LA GUERRE 39-45 (1)

 
DES PUITS LAISSES A L’ABANDON

Après les quinze jours de congé, désormais annuels, la reprise fin août 1939, sonne le glas des quarante heures acquises trois ans plus tôt. Elles se sont transformées en cinquante-quatre heures hebdomadaires, sous la pression des événements. Il va falloir travailler dur pour alimenter en énergie les usines d’armement.
La guerre est déclarée le 3 septembre. Le personnel de production reste mobilisé sur place. Seuls ceux qui ne répondent pas à cet impératif, rejoignent les cantonnements. L’activité n’est donc pas obérée par un départ massif des hommes. Au contraire, elle augmente en capacité. Le rendement devient le seul critère, aux dépens de la rentabilité. Les veines les plus facilement accessibles sont systématiquement exploitées pour augmenter les tonnages remontés. Pendant neuf mois, ils n’ont jamais été aussi importants.
Champions du boisage sous terre, les mineurs dans les cités vont s’ingénier à creuser des abris dans leur jardin au cas où… car leur habitation ne comporte pas de cave. L’absence d’événements graves durant la «drôle de guerre » et les conditions climatiques particulièrement rudes de l’hiver 39/40 plongeront vite ces «cathédrales » dans une parfaite inutilité. Les alertes sporadiques ne perturbent en rien, ni le travail, ni la vie de la cité. 07 15 25 02 CARREAU DE LA FOSSE 6 D HENIN LIETARD 07 15 25 02 CARREAU DE LA FOSSE 6 D HENIN LIETARD  
Le 13 septembre, arrivent, dans les cités et dans les fosses, des homologues du Bassin de Lorraine, exposés au feu des canons de la ligne Maginot. Ces derniers sont accompagnés de quelques aumôniers. L’un d’eux loge au presbytère de Montigny-St Charles et assurera le service, en renfort des prêtres mobilisés.
Le ravitaillement est assuré normalement. Pendant huit mois, il faut s’habituer à voir les unités britanniques venir prendre leurs douches dans les locaux affectés au «local des pendus » où les mineurs se décrassent lors de leur remontée.
Le drame se joue le 10 mai 1940. Paradoxalement, les installations ne sont pas des objectifs prioritaires de la Luftwaffe, hormis quelques attaques ponctuelles sans conséquences directes sur la production. Le lundi 13 mai de Pentecôte, le travail est normal. Il faut produire coûte que coûte.
La situation se dégrade dangereusement à partir du 17, avec l’offensive éclair dans les Ardennes. Elle touche d’abord les Compagnies situées les plus à l’est du département à la frontière ; Crespin, Thivencelles, Vicoigne, Anzin. Ordres et contrordres se succèdent dans la journée. Le Directeur d’Anzin donne dans sa concession, l’ordre de remonter la cavalerie d’arrêter le travail et d’évacuer le personnel vers les Mines de Bruay-en-Artois. Réflexe de 1914 ! Il est alors mis en demeure aussitôt par l’Arrondissement Minéralogique de Douai (organe gouvernemental) de lancer un contrordre dans l’après-midi, pour aboutir en fin de compte, le 18 au soir, à l’abandon des sièges. Ce climat équivoque entraîne une psychose et une panique qui mettent sur les routes des centaines de milliers de personnes. Les Compagnies d’Aniche et de l’Escarpelle, sont prises dans la tourmente, dès le lendemain 19.
Plus aucun puits ne fonctionne à partir de cette date. Il faut attendre le mois de juillet pour revoir tourner les mollettes dans les chevalets, et encore au ralenti. La reprise presque normale des activités se situe dans le courant du mois d’août. Mais alors, l’outil de travail est entre les mains des

occupants  ( à suivre )

 

07 15 25 01 eQUIPE DE SAUVETEURS DE LA FOSSE D ARE 07 15 25 01 eQUIPE DE SAUVETEURS DE LA FOSSE D ARE  

Equipe de sauveteurs de la fosse Aremberg 1940

Article publié par Michel Dussart • Publié le Jeudi 13 septembre 2007 - 12h12 • 4853 visites

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