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Ordination diaconale d'Adrien Gravelines
30 août 2026 Eglise Saint Géry à Cambrai
Homélie de Mgr Dollmann - Ordination d'Adrien Gravelines

« Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive » (Mt 16,24).

C’est la définition du disciple de la bouche de Jésus ! Le disciple pour Jésus, contrairement à celui des maîtres de l’époque, n’est pas uniquement à l’écoute de son enseignement, mais il est appelé à marcher à sa suite en s’attachant à sa personne et en adoptant son mode de vie.

 

Il y a là une bonne nouvelle, car toute personne quel que soit son âge ou sa condition de vie peut devenir disciple. La litanie des saints chantée en ce jour d’ordination en est un témoignage éloquent. A la suite des apôtres d’origines sociales les plus divers, la prière nomme les saints docteurs, Augustin, évêque d’Hippone dans l’actuelle Algérie mais aussi Thérèse, carmélite de Lisieux, ou encore les saints martyrs, Laurent, diacre martyr de Rome mais aussi pour l’occasion aujourd’hui, Adrien, soldat martyr en Nicomédie dans l’actuelle Turquie.

 

Mais cette bonne nouvelle de l’appel universel à devenir disciple de Jésus, n’est pas sans exigences : il s’agit de renoncer à soi-même et de prendre sa croix. Saint Paul n’hésitait pas parler de sacrifice dans son exhortation aux chrétiens de Rome. Dans la deuxième lecture, nous l’avons ainsi entendu affirmer : « Je vous exhorte, frères, par la tendresse de Dieu, à lui présenter votre corps – votre personne tout entière – en sacrifice vivant et saint » (Rm 12,1).

 

Le terme « sacrifice » désigne l’effort des hommes pour répondre à la prévenance et à l’amour de Dieu.

Au cours de l’Ancien Testament, Dieu a amené son peuple à entrer dans une conception toujours plus profonde du sacrifice. Si pour commémorer la libération de l’Egypte, Dieu inspira à Moïse d’établir un sacrifice d’agneau, il ne cessa d’inviter le peuple, par les prophètes, à dépasser la forme extérieure du rite. Dieu révélait lentement qu’il désirait, ce que l’homme avait de plus précieux : son amour, un amour qui répondait à son Amour, un amour qui reconnaissait Dieu comme Père et les hommes comme frères. Jésus le Fils bien aimé est venu sur terre pour répondre pleinement à l’Amour du Père. Par sa mort en croix, il a manifesté un amour qui allait jusqu’au bout, jusqu’à l’extrême de l’amour.

 

Cette offrande du Christ se perpétue à travers les siècles dans l’eucharistie. Là, le Christ donne son Corps livré et son Sang versé, il se donne pour nous entraîner à notre tour dans le sacrifice d’amour, dans le don de soi. Saint Paul l’indiquait quand il invitait à faire de nos vies « un sacrifice vivant et saint », le terme utilisé est celui de la liturgie : agneau du sacrifice, hostie.

 

L’eucharistie est l’école du sacrifice, du don de soi, pour pouvoir marcher à la suite du Christ. Elle permet au diacre et à tout baptisé d’éviter que son service du prochain ne se réduise à de la philanthropie ou à de l’humanitaire. Mais avec le Christ, le service s’effectue dans le dynamisme de son amour qui attire vers le haut, vers la communion avec Dieu, Trinité d’amour.

Durant la messe, nous exprimons cela d’une manière particulière lors de la préparation des dons qui est un des actes liturgiques du diacre. Elle n’est pas une pause dans l’action liturgique, mais le prolongement de la prière universelle où nous présentons au Père, notre travail et nos projets, nos peines et nos joies, et ceux de toute l’humanité. Ainsi l’eucharistie ne cesse de renouveler notre participation à l’offrande d’amour du Christ. Elle nous transforme de l’intérieur, elle travaille notre cœur pour le rendre davantage semblable à celui du Christ.

 

Cette vie d’offrande a une vraie fécondité, comme nous pouvons le contempler chez les saints. Je pense particulièrement au Pape Jean-Paul II mort il y a plus de vingt ans et dont nous avons fait mémoire ce matin, à Rumilly en présence de Sœur Marie Simon Pierre originaire de cette localité et dont la guérison miraculeuse a contribué à la reconnaissance de la sainteté de ce grand Pape.

Quand le dictateur Staline se moquant du pape disait : « le pape ? Combien de divisions ? », il ne pouvait imaginer que son empire allait tomber comme un château de cartes 40 ans après, avec l’arrivée de Jean-Paul II. Fils d’un des pays opprimés par le marxisme, il n’avait comme seule arme que son attachement au Christ renouvelé dans l’eucharistie.

 

Adrien, votre ordination diaconale, vous fait signe du Christ serviteur qui a sauvé le monde par l’offrande de sa vie en croix. Puissiez-vous avec vos frères diacres, entrainer les chrétiens à suivre le Christ à travers une vie donnée et nourrie par l’eucharistie, mémorial de son sacrifice d’amour.

 

Article publié par Service communication • Publié le Lundi 31 août 2026 - 11h58 • 4 visites

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