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Les premiers évêques

Le rôle important que joua la conversion de Clovis dans la propagation de la foi chrétienne est certes connu...

 

 

Le rôle important que joua la conversion de Clovis dans la propagation de la foi chrétienne est certes connu, mais comme on le verra plus loin, celle-ci fut très lente, surtout dans les campagnes, et ne s'accentua vraiment qu'à partir de la seconde moitié du VIIe siècle, notamment avec le monachisme, mais aussi grâce à l'influence des « Grands ». Cependant, c'est à partir du VIè siècle que s'installa peu à peu une véritable organisation épiscopale, qui s'échelonnera sur plus d'un siècle.

 

St Vaast, le premier évêque, était un contemporain de St Rémy et de Clovis. Il aurait rencontré ce dernier au retour de la bataille de Tolbiac, et aurait été le guide du Roi dans sa préparation au baptême. Clovis demanda à St Rémy d'admettre ce prêtre dans les rangs de son clergé, et on peut penser qu'il intervint pour que lui soit confié, au tout début du VIe' siècle, le premier diocèse d'Arras et Cambrai, détaché de celui de Reims, avec résidence à Arras.

 

Vers 540, année présumée de sa mort, le nouvel évêque fut remplacé par St Dominique, puis celui-ci le fut ensuite par St Wédulphe, et c'est ce dernier qui transféra la résidence épiscopale à Cambrai, afin de faciliter les liaisons avec le reste du diocèse. A noter d'ailleurs que cette cité était déjà le siège de l'administration mérovingienne.

 

 

Lorsque St Wédulphe mourut, le Roi des Francs Childebert II intervint, afin que Géry (qui deviendra St Géry), jeune clerc dont la renommée de sainteté était grande, soit nommé évêque, et c'est sur cette recommandation que EgidiusGilles, alors évêque de Reims, successeur de St Rémy, l'installa à Cambrai, cité dès lors érigée en évêché, et qui, à l'inverse de ce qui existait antérieurement, gouvernait désormais Arras. Cette modification se produisit au détriment de Tournai, siège d'un évêché créé depuis près d'un siècle par St Eleuthère, et qui se trouva rattaché dès le début du VIè siècle au diocèse de Noyon, situation qui perdurera d'ailleurs jusqu'en 1146.


Limite du diocèse 3réduit Limite du diocèse 3réduit  Reims, à cette époque, capitale donc de la « Provincia belgica secunda », couvrait 12 diocèses, reprenant territorialement un nombre égal de « civitates », qui composaient cette province. La « civitates cameracensis » constituait donc désormais l'un de ces 12 diocèses, qui gouvernait les six « pagi » suivants :

 

  • le pagus Cameracensis
  • le pagus Hainoensis
  • le pagus Fanomartensis
  • le pagus Barchbatensis
  • le pagus Antwertensis
  • le pagus Templutensis

En effet, le terme ancien de « civitas » disparut peu à peu au profit d'une appellation plus germanique, le « gau », qui en latin, fut traduit par « pagus » (L. Halphen-Les barbares 1930 p. 54). Ce premier diocèse de Cambrai était limité au nord par le diocèse d'Utrecht, à l'est par celui de Liège, au sud par celui de Noyon, au N.O. par celui de Tournai, rattaché on l'a vu à Noyon, confinant lui-même, ainsi que le diocèse d'Arras, à celui de Thérouanne. La carte reproduite donne la mesure de l'importance territoriale de ce diocèse, qui s'étendait jusqu'à Anvers, allait aux portes de Louvain, de Nivelles, de Thuin, et de Chimay, et dont la frontière ouest était l'Escaut.

 

A Cambrai, une église avait été édifiée au lieu-dit « le mont des boeufs », en l'honneur d'abord de St Médard, évêque de Noyon et Tournai, mort vers 557. Lorsque St Géry mourut vers 624, après avoir gouverné le diocèse pendant 39 ans, il fut enterré dans cette église, qui lui fut dès lors consacrée. Elle fut détruite en 1543, par ordre de CharlesQuint, afin de construire la citadelle

Article publié par Michel Dussart • Publié Mercredi 01 février 2006 • 6897 visites

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