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Au XVIème siècle réforme et Concile de trente

Plan cambrai Plan cambrai  Après la mort de Philippe le Beau, fils de Maximilien d'Autriche, son fils Charles V, dit Charles Quint recueillit, on le sait, l'immense « Saint empire romain germanique ». Dès son avènement, il fut confronté au mouvement religieux qu'avait inspiré Luther, partir de 1517. Par la suite, et notamment dans les Pays-Bas, ce sont les idées de Calvin qui émergèrent, puis s'imposèrent, en particulier dans tout le territoire couvert par le diocèse de Cambrai.

Le Concile de Trente (1545-1563) allait permettre à l'église catholique romaine de procéder à une réforme, qui sera mise en application avec fermeté par l'empereur d'abord, mais surtout par son fils et successeur, le roi Philippe II d'Espagne. En effet, dès son accession au pouvoir en 1556, il eut à faire face d'une part, à la montée en puissance du Calvinisme, mais aussi à une défense des « franchises provinciales », et même à un début de « fronde » nobiliaire. Ces raisons, parmi d'autres, l'amenèrent à remodeler la carte diocésaine des Pays-Bas. Les négociations avec le pape Paul IV conduisirent à porter à 18 le nombre de diocèses, regroupés en 3 provinces ecclésiastiques (Bulle pontificale « super universas » du 12-5-1559) - Cambrai (avec pour suffragants Arras, Namur, St Omer, Tournai) - Malines (avec pour suffragants Anvers, Bruges, Gand, Ypres) - Utrecht (avec pour suffragants Deventer, Bois le Duc, Ruremonde)

La finalité des promoteurs de cette réorganisation territoriale consistait surtout à constituer des diocèses moins étendus et mieux structurés afin de permettre à une population considérée généralement comme insuffisamment christianisée, de mieux résister à la « réforme protestante ». La nouvelle organisation diocésaine de Cambrai fut très vite mise en place, regroupant les paroisses en 4 archidiaconés : du Cambrésis, de Valenciennes, du Brabant et du Hainaut. Chaque archidiaconé fut lui-même divisé en 3 ou 4 doyennés : - du Cambrésis avec les doyennés du Cateau, de Cambrai et de Beaumetz. - de Valenciennes, avec les doyennés de Valenciennes, Haspres et Avesnes sur Helpe. - du Brabant, avec les doyennés de Chièvres, Tournai St Brice, Lessines, et Hal . - du Hainaut, avec les doyennés de Maubeuge, Binche, Mons et Bavay. Le nouveau diocèse comprenait encore 500 paroisses, 109 succursales, 32 abbayes et 14 églises collégiales. On peut penser que l'évêque de cette époque, Maximilien de Berghes, qui avait succédé en 1556 à 3 membres de la famille « de Croy » (Jacques 1502-1516, Guillaume II, cardinal 1516-1519, Robert III 1519-1556) ne fut pas très satisfait de l'importante amputation ainsi apportée à son diocèse, dont il est aisé de mesurer les incidences diverses, notamment financières, même si, à titre vraisemblablement compensatoire, l'évêché fut érigé en archevêché la même année (1559). II devenait ainsi, pour l'Histoire, le premier archevêque du Diocèse.

Porte du Saint Sépulcre ou de Paris
Porte du Saint Sépulcre ou de Paris  
Porte du Saint Sépulcre ou de Paris
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Mais cette décision fit un autre mécontent, l'archevêque de Reims, dont dépendait l'évêché de Cambrai depuis le VIè siècle, et qui voyait lui aussi réduite sa juridiction archiépiscopale. Le prélat de cette époque n'était autre que le cardinal Charles de Lorraine, personnage considérable, proche de la famille royale française, et qui avait joué un rôle important au Concile de Trente. Sa réaction fut immédiate, mais rien n'y fit, et la querelle se poursuivit avec son successeur, le cardinal Louis de Guise, d'origine tout aussi prestigieuse, ainsi qu'avec tous les suivants, à telle enseigne qu'elle était toujours d'actualité sous Louis XV !

 

 

Article publié par Michel Dussart • Publié le Mardi 21 février 2006 • 6810 visites

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