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1 - La découverte du charbon

...aux frontières de France

En signant le traité de Nimègue en 1678, Louis XIV ne se doutait sûrement pas qu'il conservait à la France et aux provinces du Nord, une richesse à veneir inégalée.

 

Au 18° siècle, le pays est recouvert d’une immense forêt, capable de produire l’énergie calorifique. Mais déjà la question se pose de savoir si elle répondra encore longtemps aux besoins qui s’affirment. L’ère industrielle en est à ses premiers balbutiements, avec la découverte de la machine à vapeur.

 

Animés d’un réel esprit d’entreprise, des hommes comprennent que de chaque côté de la frontière conventionnelle, coupant le Hainaut, le filon carbonifère, venant de la Ruhr, se répartit dans le sous-sol. La prémonition d’une continuation vers l’ouest ne les a pas trompés. L’avenir leur donnera raison.

 

Le vicomte Désandrouin, bailli de Charleroi et son frère, le sieur Désaubois notable de Condé, receveur du prince de Croÿ, Taffin, procureur général du Hainaut français et plusieurs autres sont des pionniers. Forts de l’expérience belge, ils jettent les bases d’une exploitation sur le sol national, à partir de la nouvelle frontière.

Une arrêté royal accorde la première concession minière à Desaubois, le 8 mai 1717. Fonçages et sondages se succèdent, engloutissant des sommes considérables. Après trois années d’efforts sans nom loin d’être toujours concluants, la pâture de Jeanne Colard, à Fresnes-sur-Escaut, devient célèbre. La première veine de  charbon maigre est découverte. Le bassin minier du Nord, plus tard du Pas-de-Calais, est né le 3 février 1720, même si la production s’arrête presque aussitôt sur le site.

 

Gravure d'un puit Gravure d'un puit  Plusieurs sociétés se créent, entendant bien utiliser ce nouveau combustible pour en tirer des bénéfices substantiels. La concurrence s’organise. Elle s’affirme au point d’en devenir préjudiciable pour les exploitants, aux prises avec des difficultés financières et techniques.

 

En fonction de la configuration du Bassin de Mons, les recherches s’orientent vers le  sud : Aubry, Bruay, Crespin, Valenciennes où l’on trouve du charbon gras.

 

Plus intéressées les unes que les autres, elles décident alors à Condé, sous l’égide du prince de Croÿ, de fusionner au lieu de se faire la guerre des prix. Il a compris que la banalisation du combustible minéral est capable d’engendrer un essor industriel certain, dans la proche région et dans toute la France. L’union sera ainsi plus profitable que la dispersion et les empêchera de sombrer toutes dans la ruine.

 

Le 19 novembre 1757 naît la puissante Compagnie des Mines d’Anzin, couverte par une concession accordée par décret royal. Elle est partagée en trois établissements distincts : Fresnes, Vieux-Condé et Anzin de loin le plus étendu, en fonction des apports respectifs de leurs propriétaires. Cette Société pour survivre doit prospérer. Seule ou presque sur un marché prometteur, elle bénéficie de ce fait d’une pérennité totale. Les premiers résultats des sondages entrepris sur tout le terroir stimulent les énergies mais néanmoins la production stagne.

 

Echelles Echelles  Le charbon reste pourtant un enjeu vital de l’économie. Mieux il devient même d’un intérêt stratégique. Jusqu’au début de la Révolution, plus d’une trentaine de fosses sont ouvertes dans tout l’environnement, vers Fresnes et aussi Valenciennes/Anzin (Bleuse Borne), la Sentinelle (Dutemple).Elles sont exploitées avec des fortunes diverses.

                               

Les vicissitudes de l’Histoire à la fin du 18° siècle, viennent contrarier la marche de l’entreprise. La Révolution et les guerres qui s’ensuivent, mettent à mal  l’exploitation et les installations. Les troupes de la Coalition autrichienne détruisent les lieux d’extraction pendant l’occupation de Valenciennes. Hommes, chevaux et matériel sont anéantis afin de priver les fonderies de combustible, pour la fabrication des canons, nécessaires aux soldats de l’an II. 

 

Les révolutionnaires ne sont pas tendres avec les ci-devant promoteurs, nobles. Ils doivent émigrer, dépouillés de leurs biens. La Compagnie d’Anzin connaît une nationalisation avant la lettre. Il faut attendre le retour au calme politique pour que les ex-propriétaires puissent rentrer en possession de leur propriété, évidemment après rachat auprès des nouveaux actionnaires.

 

Au début du 19° siècle, la Compagnie comme d’ailleurs sa consœur plus à l’ouest dont il va être fait état plus loin, sortent exsangues. Elles sont au bord de la faillite. La période napoléonienne connaît une timide reprise après les réparations obligatoires, mais la fréquence des Campagnes de l’Empereur ne favorise guère le renouveau.

 

Il faudra attendre la moitié du siècle pour voir le vrai redémarrage de l’extraction, après de nouveaux sondages et la découverte de filons plus à l’ouest, dans la région de Denain. 

 

Le Bassin s’agrandit

 

 

 

 

Article publié par Michel Dussart • Publié Samedi 25 novembre 2006 • 12156 visites

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