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6 . Prise de conscience d'être une force

   

Une prise de conscience de la force du mouvement ouvrier

 

La contestation est désormais continuelle, à cause des conditions de travail jugées inhumaines, de la sous-rémunération au profit des actionnaires, de l’absence de sécurité au fond, des procédés de commandement dégradants, des amendes injustes et de bien d’autres motifs.

 

Grève Grève   Le syndicat se structure, devient riche et puissant. Il adhère à la CGT. Dans les estaminets, qui se sont ouverts à proximité de la sortie des lieux de travail, et qui    sssontsont tenus par les épouses de mineurs ou par des anciens qui ont été licenciés, les discussions animées vont bon train. Chacun se retrouve dans la figure emblématique du leader syndicaliste qui fréquente ces établissements Les revendications sont évoquées avec éventuel appui par une action de grève. 

Il ne peut être question d’omettre de citer Basly qui a travaillé à la fosse Renard à Denain. Licencié par la Compagnie d’Anzin, il émigre à Lens où il incarne la résistance vis-à-vis des Directions. Porté à la députation par l’intermédiaire du vote national, il est, à la Chambre,  le porte-parole incontournable des mineurs.

 

 

Des faits marquants

 

Il n’est pas possible de rappeler tous les mouvements qui ont émaillé le cours de l’exploitation. Seuls quelques-uns, plus significatifs que d’autres, peuvent permettre de situer l’ambiance qui règne dans les fosses et les corons.

En 1833, la révolte des «quatre sous » éclate à Denain. Après de très longues et pénibles discussions, intervenues à l’issue de mouvements violents, la Compagnie d’Anzin lance un programme d’édification de logements pour son personnel, attiré vers la sidérurgie. Les premiers corons-barres voient le jour, aujourd’hui heureusement disparus. Il n’empêche qu’ils constituent, à l’époque, une avancée sociale. L’exemple est repris par la consœur d’Aniche quand elle ouvre des fosses dans le sol somainois et construit le Hameau au de la Renaissance.

 

 En 1893, la contestation gronde. Une grève générale est déclenchée le 18 septembre, dans tout le bassin. Elle affecte les Compagnies, sauf celle d’Anzin qui se remet très mal d’un précédent conflit en 1884. Les heurts sont violents avec l’Armée, requise pour ramener l’ordre. Les cortèges, en tête desquels se trouvent les épouses, se multiplient  avec drapeaux rouges et noirs, au chant de la toute nouvelle «Internationale ». La chasse aux non-grévistes, «les jaunes », est permanente. Il y a un attentat à Somain. L‘arrêt de travail dure sept semaines. Le temps et le manque d’argent ont raison des revendications, en même temps que la quinzaine Ste Barbe. En effet, les mineurs à l’approche de leur fête patronale, ont coutume de doubler les «pauses » de travail pour corser la paye.

 En 1913, la loi des huit heures de travail est en discussion. Cependant à la demande des Compagnies, en particulier celle d’Anzin, un amendement est déposé autorisant un contingent de 150  heures au titre de «longues coupes », pour pallier les effets néfastes de la loi. L’agitation gagne les carreaux  Le débauchage aux entrées des fosses est systématique.  La grève s’essouffle une nouvelle fois par l’effet de la quinzaine Ste Barbe.

La Chambre vote la loi le 31 décembre 1913 et le décret d’application doit intervenir au début de l’année suivante. L’amendement des «longues coupes » à 60 heures est également voté, ce qui relance l’agitation. L’institution d’une caisse autonome des ouvriers mineurs tempère les ardeurs.

L’évocation de la catastrophe de Courrières ne peut faire oublier le mouvement violent qui s’ensuit en mars 1906 et prend une allure d’insurrection, même sur le territoire d’Anzin.

  

C’est dans notre région, et plus précisément dans le bassin minier, que sont nés les plus importants mouvements ouvriers.

 

La grève d’Anzin en 1884 conteste la décision de la compagnie qui confie l’entretien du boisage aux abatteurs et supprime les postes de raccommodeurs.

A la tête du mouvement –un des premiers réellement organisés- Emile Basly et la Chambre Syndicale des mineurs qui entame la grève en février. Elle dure trois mois et depuis Denain, elle se généralise à toutes les fosses de la compagnie d’Anzin…

 

Mais la faim et l’envoi des troupes par les autorités ont raison des grévistes qui reprennent le travail. Ce mouvement marquera le passage d’actions locales à des conflits étendus à tout le bassin.

 

Vous pouvez retrouver ces éléments dans l’exposition

La vie quotidienne du mineur au Centre Historique Minier.

Fosse Delloye

59287 Lewarde 

Tél. : 03 27 95 82 82 

http://www.chm-lewarde.com

 

 

 

Article publié par Michel Dussart • Publié Mardi 20 février 2007 • 3607 visites

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