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9 LES CATASTROPHES DANS LE NORD

 

 

  Il ne peut être question dans le chapitre consacré aux hommes, de ne pas rappeler les catastrophes  qui ont endeuillé les Mines, dans le bassin du Nord. Le métier dangereux à l’extrême a toujours fait des victimes individuelles tout au long de la longue exploitation. Les Compagnies du département ont  malheureusement connu, elles aussi, quelques accidents collectifs meurtriers.

Dès 1756, avant la création de la Compagnie d’Anzin, un accident fait 11morts dans la fosse de Vieux-Condé. Le danger le plus imminent vient de la présence de grisou au fond. Le 9 avril 1823, une explosion ravage les galeries de la fosse le Chauffour à Anzin et fait 22 tués. Le 28 novembre 1900, c’est au tour de la fosse Fénelon, à la limite de Somain et d’Aniche, de connaître le deuil. Une détonation,  avec une flamme immense depuis l’entrepôt de dynamite, parcourt tout le puits. Le bilan est sévère. Dix-sept corps sont déchiquetés et carbonisés sur le coup. Quatre autres ouvriers meurent dans les heures qui suivent.

 

Au centre de cette trop longue liste, la catastrophe du 10 mars 1906. Ce matin-là, à la fosse 3 de la Compagnie des mines de Courrières, une violente explosion entraîne la mort de 1099 mineurs sur les 6851 descendus. Lampes à flamme nue, incendie, coup de grisou, tout contribue à un coup de poussière qui ravage en quelques minutes plus d’une centaine de kilomètres de galeries. Treize rescapés remontent trois semaines après l’explosion, puis un quatorzième. Ce sera la plus grande catastrophe humaine et sociale de l’Europe minière : la surabondance des images de presse, le nombre de victimes et les récits des miraculés marqueront les esprits du bassin minier, de la France entière et obligeront à un devoir de mémoire. Dans le cadre des commémorations du centenaire, le Centre Historique Minier a consacré un numéro de sa collection « Mémoires de Gaillette » à cet évènement, ainsi qu’un ouvrage qui regroupe les récits et témoignages des rescapés.

 

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Le 19 janvier 1920,  la Compagnie d’Anzin, à peine sortie de la tourmente, connaît une catastrophe à la fosse de Roeulx près de Lourches. Une cage tombe dans le vide et dix-sept mineurs trouvent la mort. Naturellement toutes les conséquences sont tirées de ces drames dans le sens de la sécurité.

La Nationalisation n’arrête pas la liste des drames. Le 12 août 1952, 9 mineurs sont victimes du grisou au puits Schneider à Lourches. Moins meurtrier (4 morts) mais tout aussi dramatique, s’avère l’éboulement qui se produit le 28 novembre 1969, au puits modernisé Barrois à Pecquencourt-Montigny, faisant parte du Groupe de Douai.

Ce long palmarès ne peut que nous inviter à avoir beaucoup de respect pour ces hommes courageux au service de la collectivité nationale, confrontés tous les jours au danger et souvent , hélas, à la mort.

 

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Article publié par Michel Dussart • Publié le Samedi 31 mars 2007 - 20h02 • 4787 visites

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