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12.LA RESISTANCE PASSIVE DES MINEURS

 

 

Le temps de la répression 

 

Le personnel est restreint. Le départ des mobilisables et de ceux qui ont répondu aux ordres du Préfet en septembre a clairsemé les effectifs.

Les ouvriers spécialisés sont partis. Il en est de même pour les Ingénieurs et les Porions. Seules des personnes âgées, à la limite de la retraite, ou des jeunes de moins de 16 ans sont restés sur place. Dès, 1915 la Compagnie d’Anzin procède  à l’embauchage de gamins, fils de mineurs ou non, susceptibles d’avoir une promotion professionnelle d’aide-mineurs.

Le conflit se poursuivant, la politique d’embauche est largement poursuivie vers quiconque.

Il aura l’avantage de pouvoir faire échapper à la déportation en Allemagne car tout homme doit posséder un certificat de profession. Sinon il est justiciable des lois d’exception et ne peut recevoir le moindre ravitaillement. Sans expérience,

 

les jeunes sont utilisés comme chercheurs (pousse berlines) La DVG comprend le subterfuge et ordonne de cesser l’embauche en provoquant le renvoi des non-productifs. Les protestations des Directeurs n’y font rien

 

 

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Le rendement demeure faible car le manque de ravitaillement se fait sentir cruellement bien que les gens de la mine bénéficient d’un surplus, étant donnée la pénibilité du métier. Les accidents sont fréquents. Un certain laxisme s’empare du personnel, qu’il est difficile de dénoncer car la moindre punition peut entraîner l’envoi en camp de travail. Des tensions se font jour entre les agents de maîtrise et les ouvriers et un climat de suspicion permanent s’installe. « On te fera la peau après la guerre ! » Des mouvements de contestation  éclatent en 1917 et en 1918. Les gendarmes allemands investissent les fosses. La DGV est amenée à devoir faire des concessions. Elle promet une livraison de pommes de terre et de rutabagas et permet l’utilisation des œufs pondus par les poules des mineurs.

Les mêmes constatations jouent pour les Usines, en rapport avec la production de charbon ; fabrique d’agglomérés, industries chimiques issues de la carbonisation, production de coke.

Dans les cités, les soldats allemands en repos occupent les pièces des maisons, obligeant le mineur et sa famille d'émigrer dans les communs. Ils ne se gênent pas pour utiliser dans les maisons en construction, tout ce qui leur tombe sous la main pour se chauffer ; portes, fenêtres, charpentes, etc. Il est inutile de parler du couvre-feu permanent ou de l’interdiction de circulation d’une cité à l’autre.

Sur le plan financier, la DGV donne son aval ou non, à toute décision commerciale ; augmentation des prix de vente ou de salaire, autorisation et interdiction de vente au comptant, etc. Les tarifs d’avant-guerre sont bloqués d’office malgré l’augmentation des matières premières venant d’Allemagne. Ce n’est qu’au début de 1918 qu’ils subissent un pourcentage d’augmentation de 5 à 15%.

 

 

 

Pendant la Première Guerre Mondiale, la grande partie occidentale du bassin minier est occupée et l’essentiel du gisement est entre les mains des allemands. Les mines à l’ouest de la région sont en exploitation et le charbon remonté alimente les usines d’armement allemandes.

Dans la verrière des machines du Centre Historique Minier –exposition consacrée aux énergies– les visiteurs peuvent découvrir deux locomobiles à vapeur. Celles-ci ont été fabriquées en Grande-Bretagne en 1916 et utilisées dans les mines de Bruay –en activité pendant la guerre– et servaient à actionner des pompes d’exhaure afin de puiser les eaux du fond lors des inondations. 

Centre Historique Minier - Fosse Delloye - 59287 Lewarde

Tél. : 03 27 95 82 82 - www.chm-lewarde.com

 

Article publié par Michel Dussart • Publié Samedi 05 mai 2007 • 2749 visites

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