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Relais régional SVE

Tous les 2 ans a lieu une rencontre pour les membres de la Société Evangélique de la Région 03

RELAIS SVE DES 9-10 OCTOBRE 2010 A LIESSE NOTRE-DAME

VIVRE AUJOURD’HUI A LA FACON DU CHRIST

par Raymond COURCY, sociologue, prêtre à Bordeaux, au Conseil général de la SVE

 

1ère intervention

 

A/ Regard rapide sur l’histoire - Trois grandes ruptures :

1.      Les sociétés cohésives ou traditionnelles (amérindiennes) : l’homme était immergé dans la collectivité, il avait la même conscience que les autres. La religion était au centre et répondait aux questions de sens. C’était la référence centrale qui permettait de marcher ensemble. Les déviants étaient supprimés.

 

2.      Puis il y a eu une rupture au moment des grandes découvertes (Copernic) et des progrès techniques. L’individu a commencé à exister par lui-même. Deux révolutions :

-          permettre la rencontre de Dieu de l’intérieur,

-          la place de la raison. 

On a assisté à une autonomisation progressive de l’individu. On se retrouvait sur une même morale. Le

point central permettait un vivre ensemble dans nos sociétés. L’Eglise, l’école, la société étaient 

des références et étaient respectées.

 

 

3.      Et une nouvelle rupture avec la remise en question de ces paradis séculiers que sont la société de progrès et la société sans classe. Les mémoires autoritaires ne donnent plus toutes les réponses. Devant une internationalisation du monde, toutes les réponses deviennent possibles. Cela se constate avec les catéchumènes qui sont des individus éclatés dans une société éclatée. L’individu est seul dans cette société où il n’y a plus de repères. Le drame de l’individu aujourd’hui, c’est de pouvoir se reconstruire :

-          en piochant partout,

-          avec la logique des tribus (se retrouver dans des groupes où l’on est pareil). Cependant, il y a des grands moments d’effervescence du peuple où il y a l’illusion de la fraternité.

 

Aujourd’hui, nous avons à proposer des choses comme Dieu le rêve. Mais il faut être conscient des

contradictions :

-          la proximité et l’universel,

-          le temps : le raccourcir, être dans la performance, dans l’instant, avoir le bonheur mais on veut s’inscrite dans l’histoire, retrouver ses ancêtres,

-          la pensée, l’éthique : un zapping, tout est possible, permis et, en même temps, on se crispe sur des comportements (intégristes…),

-          religieuses : rencontre des autres religions, retour du religieux.

 

                               Nouvel individu, nouvelle organisation de la société qui se met en place.

 

B/ Les défis pour l’Eglise et les croyants d’aujourd’hui

1.       Les risques :

      -           La crispation identitaire : faire de l’Eglise une citadelle assiégée. Nous ne sommes plus au centre.

      -          Le consensus mou, un syncrétisme tiède.

      -          Se situer dans un accueil de nouveauté de notre société mais aussi dans la protestation.

 

                                Nous sommes une option possible car nous existons et avons à exister.

 

2.       Les défis :

      -          d’une parole crédible « Jésus parlait avec autorité ». Ne plus être autoritaire mais que les propos soient appuyés sur des actes.

      -          de la structuration du croire (catéchumènes) pour répondre au besoin de trouver un sens à la vie. Jésus Christ mort et ressuscité qui donne sens à nos échecs. Les hommes et les femmes d’aujourd’hui recherchent l’authenticité de la vie.

      -          de l’altérité : accepter la différence (parabole du Bon Samaritain). Que la différence de l’autre entre en moi, devienne rencontre de Dieu pour nous qui sommes en chemin vers Dieu sans, pour autant, nous identifier au chemin de l’autre.

La SVE porte la diversité fortement (Livre de Vie n° 14 – Projet de Vie n° 20).

 

2ème intervention

 

Les attitudes du Christ dans l’Evangile de la Samaritaine (Jean 4, 5-42)

 

 1er temps : la rencontre (v. 1 à 10)

Jésus est plein d’humanité : il a soif, il est fatigué… et il a besoin d’être soulagé. Il ose demander de l’aide : « Donne-moi à boire ». Il faut pour cela être humble, libre et reconnaître sa finitude.

Il prend l’initiative du dialogue parce que cette femme est active. Il peut lui demander plus.

Il brise les frontières, fait sauter les tabous : 1er  deux étrangers se rencontrent, il libère des blocages ; 2ème la situation sociale et religieuse est bloquée entre juifs et samaritains ; 3ème la différence de sexe. Parce qu’il a regardé positivement cette femme, elle lève les yeux vers Jésus et lui laisse entamer le dialogue. Jésus se laisse regarder par elle. Il interpelle au plus profond « Si tu savais le don de Dieu ».

 

2ème temps : la pédagogie de Jésus (v. 11 -27)

Jésus prend le temps. La révélation de Dieu ne peut se faire que sur un chemin. Il s’intéresse à cette femme, la prend où elle en est, avec sa vie familiale, religieuse. Jésus l’emmène un peu plus loin, fait passer des étapes décisives. Et la révélation ultime « Je le suis (Christ), moi qui te parle ». C’est un regard de tendresse qu’il pose sur cette femme. Il est le prochain de cette femme. Elle se laisse regarder, pose des questions, relance le dialogue (un dialogue plein de chasteté). La confiance naît entre eux. Jésus est libre pour adresser la parole à qui il veut. (Projet de Vie n° 10).

                Notre monde a besoin qu’on le regarde de manière positive et a besoin d’un dialogue.

 

3ème temps : la fécondité de la rencontre (v. 28-42)

La femme s’en va bouleversée. Elle devient apôtre. Les apôtres arrivent. Les samaritains rencontrent Jésus. Les disciples ne comprennent pas l’attitude de Jésus. (Encore un dialogue à deux niveaux). Jésus leur livre l’expérience qu’il vient de faire. Sa nourriture : libérer l’homme, lui permettre de retrouver son humanité. Aujourd’hui entendre : « Levez les yeux, les champs sont blancs pour la moisson ! ». La Samarie n’est pas Jérusalem. L’Esprit du Père précède Jésus et met ces gens en route. Jésus est le passeur.

                Etre prêt à accueillir la fécondité de l’Esprit. (Projet de Vie n° 18).

 

Aujourd’hui, nous devons être des hommes et des femmes                                          Livre de Vie n° 20

-          qui témoignent avec autorité,

-          présents au cœur du combat,                                                        

-          qui osent au risque de se tromper,

-          Parenthèses: Citations :
« Le chrétien sait quand il faut parler de Dieu mais il sait aussi quand il faut se taire pour ne laisser parler que l’amour ».  Benoît XVI
« Sommes-nous suffisamment à l’écoute de ce que Dieu nous donne de vivre à travers cette épreuve ecclésiale ? Pour une part au moins, n’y a-t-il pas le risque d’ordre spirituel de rester tributaire d’un message figé  de l’Eglise ? Plus fondamentalement, ne souffrons-nous pas d’une idée trop floue de la « vocation » et des « vocations » pour pouvoir discerner ce qui est en train d’émerger aujourd’hui dans nos communautés ». Christoph THEOBALD - Livre « Vous avez dit vocation ? »
« Il n’y a d’espérance que là où on accepte de ne pas voir l’avenir. Vouloir imaginer l’avenir, c’est faire de l’espérance fiction. Dès que nous pensons l’avenir, nous le pensons comme le passé. Nous n’avons pas l’imagination de Dieu. Demain sera autre chose et nous ne pouvons pas l’imaginer. Cela s’appelle la pauvreté ». Christian DE CHEGE image001  de bonheur, d’amour, de tendresse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En petits groupes, nous étions invités à réagir et à alimenter cette réflexion de nos expériences personnelles. Le soir, un temps de convivialité nous rassemblait autour d'une tisane et des spécialités de nos villes ou campagnes.

 

Au cours de la célébration eucharistique qui clôturé ce week-end ensoleillé, Chantal a demandé à faire son entrée en formation, Claire a fait un premier engagement, Christophe et Claude ont prononcé leur engagement définitif. 

 

 

 

Article publié par Bernadette. DUYTSCHAEVER • Publié Mercredi 13 octobre 2010 • 2800 visites

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