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Homélie de Mgr Vincent Dollmann

Jésus s’adresse aux disciples en leur indiquant un aspect important de leur mission : se déclarer pour lui devant les hommes. Il s’agit comme nous l’avons entendu dans la Lettre de saint Paul aux Ephésiens, d’annoncer que Dieu a ressuscité Jésus son Fils d’entre les morts et qu’il l’a établi au-dessus de tout être.

Un des gestes qui accompagne l’ordination du diacre est la remise de l’évangéliaire par l’évêque. Celui-ci dit à l’ordonné : « Recevez l’Évangile du Christ, que vous avez la mission d’annoncer. Soyez attentif à croire à la Parole que vous lirez, à enseigner ce que vous avez cru, à vivre ce que vous aurez enseigné ».

Cette mission est signifiée au diacre après l’imposition des mains de l’évêque par laquelle l’Esprit-Saint vient le fortifier de ses dons et le configurer au Christ serviteur. Le diacre est ainsi appelé à se laisser guider comme son Maître par l’Esprit-Saint qui selon sa promesse « enseignera ce qu’il faut dire » en toute circonstance et face à toute autorité humaine.

 

Comme le prêtre et l’évêque, le diacre n’est pas ordonné pour lui-même, mais au service des chrétiens et des hommes vers lesquels il est envoyé. Sa mission d’annonce de la Parole de Dieu est ainsi un encouragement pour tout baptisé à se déclarer du Christ, le sauveur de l’humanité, et à le faire en paroles et en actes. A l’heure où pour de nombreux contemporains l’Évangile du Christ est devenu étranger voire étrange, il est urgent d’apprendre à conjuguer annonce et témoignage.

En nous attachant uniquement à l’annonce explicite de l’Évangile et de l’enseignement de l’Église, nous pouvons succomber à la tentation du rigorisme où l’on rappelle sans cesse la loi. Or nous ne pouvons pas nous contenter d’affirmer les vérités et les exigences de l’Évangile ; l’engagement à les vivre humblement au contact des hommes est tout aussi important.

Nous le voyons par exemple, pour la participation des jeunes à l’eucharistie. Nous ne les y amènerons pas par nos seules paroles aussi persuasives et énergiques soient-elles. Il nous faudra également nous interroger sur notre propre pratique et sur la qualité de notre participation aux célébrations.

 

A l’opposé, en se préoccupant du témoignage sans le souci de la vérité de l’Évangile, nous pouvons arriver à nous accommoder tellement avec l’esprit du monde que nous n’avons plus le courage d’une parole de conviction ou de foi. L’écrivain Paul Claudel n’hésitait pas à écrire : « L’évangile, c’est du sel. Certains en ont fait du sucre ». Avouons-le : il nous arrive d’y contribuer !

 

Pour nous encourager à répondre à la mission de l’annonce de l’Évangile en paroles et en actes, nous pouvons en méditer la fécondité à travers l’histoire de l’Église. Nous fêtons en ce 17 octobre, saint Ignace, évêque d’Antioche au début du 2ème siècle. Comme saint Paul, il a été fait prisonnier et conduit à Rome sous escorte pour être mis à mort. Durant son voyage, il a pu écrire quelques lettres adressées aux communautés des villes où il faisait étape. Alors que des hérésies niant l’incarnation du Christ se développaient, il y affirmait avec clarté la foi reçue des apôtres qui proclament Jésus, vrai Dieu et vrai homme. Cette foi, il l’a ratifiée par sa mort pour le Christ auquel il allait s’unir pour la vie éternelle. Cette lignée de serviteurs de la Parole se poursuit d’une manière souvent très humble, mais parfois comme pour saint Ignace, jusqu’au martyre.

L’ordination d’un diacre aujourd’hui, dans un monde en quête de repères et de sens, non seulement rappelle à toute l’Église sa mission d’annonce de l’Évangile, mais elle en souligne l’urgence.

 Face aux replis sur soi générés par la pandémie, nous avons au nom de l’Évangile à promouvoir le respect de chaque personne quelles que soient son origine ou sa situation sociale.

Face à la perte du sens sacré de la vie, nous avons au nom de l’Évangile à témoigner de la joie de prendre soin de chaque être humain, de sa conception jusqu’à son dernier souffle.

Face aux attraits de l’argent et de la violence, nous avons au nom de l’Évangile à tenir fermes dans la voie de la solidarité et de la sauvegarde de la création.

 

Merci à Lionel qui se présente à l’ordination diaconale de nous entraîner à l’annonce de l’Évangile en paroles et en actes.

Merci aux diacres d’implorer avec et pour nous l’Esprit Saint afin que nous trouvions avec eux la sagesse et la force de nous déclarer pour le Christ devant les hommes.

 

+ Vincent Dollmann

Archevêque de Cambrai

 

Article publié par Service communication • Publié le Lundi 19 octobre 2020 • 294 visites

Cette page provient de la rubrique : Mgr Vincent Dollmann / 2020

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