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Homélie : Ordination diaconale de Julien Sauvé

Prononcée le dimanche 10 octobre 2021

Lectures du 28e dimanche du Temps Ordinaire : Sg 7,7-11, Ps 89 ; Hb 4,12-13 ; Mc 10,17-30

 

« Bon Maître, que dois-je faire pour avoir la vie éternelle en héritage ? ». Cette question que pose le jeune homme riche à Jésus est déjà une profession de foi. Il reconnait le Christ, comme porteur du salut, de la vie de Dieu.

L’homme riche interroge notre propre désir du salut, de la vie éternelle. Si notre foi n’est pas mue par ce désir, elle se réduit à une sagesse ou à une morale. N’est-ce pas là en réalité la crise qui frappe l’Eglise ? Nous pourrons chercher les formes d’organisation et les techniques d’animation les plus performantes, si nous ne sommes pas animés par la soif du Christ et de son salut, cela ne sert à rien. N’oublions jamais que l’Eglise est avant tout le « signe et le moyen du salut pour le monde » tel que nous l’ont rappelé les Pères du Concile Vatican II.

Mgr Brand, l’archevêque de Strasbourg, qui m’a ordonné diacre et prêtre il y a plus de 30 ans, a laissé un livre autobiographique où il évoque une phrase posée par un prêtre qui a été à l’origine de sa vocation : « Veux-tu aider les gens à vivre ? ». C’est là une belle définition du ministère dans l’Eglise : aider les gens à vivre, et à vivre de la vie divine. Et au seuil de sa vie, Mgr Brand disait : « Et j’ajouterai : aider les gens à mourir ». Pour affermir notre vie en Dieu et accueillir la vie éternelle, il nous faut en effet apprendre à mourir à tout ce qui nous garde prisonniers des réalités et des attaches terrestres.

A la question de l’accès à la vie éternelle, Jésus renvoie d’abord aux commandements : « Ne commets pas de meurtre, ne commets pas d’adultère, ne commets pas de vol, ne porte pas de faux témoignage, ne fais de tort à personne, honore ton père et ta mère ». Et l’homme n’hésite pas à répondre : « J’ai observé tous ces commandements depuis ma jeunesse ». Il a su accueillir les commandements pour ce qu’ils sont : une parole venant de Dieu. L’extrait de la lettre aux Hébreux, entendu en 2e lecture, affirme : « Elle est vivante, la Parole de Dieu […] elle juge des intentions et des pensées du cœur », c'est-à-dire elle atteint et forme la conscience morale.

Celui qui devient diacre, ministre de la Parole, s’engage à prier la Parole à travers notamment la liturgie des Heures et à la transmettre. Pour répondre à cette mission, il lui faut pouvoir répondre au Christ à la suite du jeune homme : « Maître, tout cela, je l’ai observé depuis ma jeunesse ».

Mais Jésus invite encore à faire un pas de plus : « Une seule chose te manque : va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor au ciel ; puis viens et suis-moi ». L’homme riche, en affirmant sa fidélité aux commandements, n’était qu’au début d’un cheminement, il est appelé à s’attacher à la personne du Christ jusqu’à adopter son mode de vie.

Serviteur de la Parole de Dieu, le diacre est avant tout le signe du Christ serviteur de Dieu. Cela se traduit pour Julien par l’engagement au célibat qu’il a prononcé au début de la liturgie. Cet engagement à la suite du Christ manifeste l’attachement exclusif à Dieu qui est à l’origine de la vie de chaque être humain et qui veut la partager avec lui pour l’éternité.

A vue humaine, l’appel à suivre le Christ totalement et pour toujours est irréalisable. Mais l’évangéliste indique que Jésus posa son regard sur le jeune homme et l’aima. Il continue de poser son regard sur lui alors que celui-ci s’en va tout triste et qu’il lui tourne le dos. Jésus a peut-être même posé sa main sur ses épaules pour révéler que le salut est cette main créatrice de Dieu qui se propose à nous. Une main fidèle, puisque Jésus a obtenu le salut en traversant toutes les épreuves de la vie jusqu’à l’épreuve ultime de la mort. Une main qui ne s’impose pas, assez distante pour pouvoir y renoncer, assez proche pour pouvoir la serrer.

Le diacre est appelé, au cœur de l’Eglise et de la société, à manifester le regard aimant du Christ et sa main salutaire. Pour cela, il peut compter sur son soutien. Déjà le sage de l’Ancien-Testament enseignait, selon la première lecture : « J’ai prié et l’intelligence m’a été donnée. J’ai supplié et l’esprit de la Sagesse est venu en moi ». Cet Esprit de Sagesse, c’est l’Esprit que Dieu a envoyé au monde par la mort et la résurrection du Christ. C’est lui que Julien a reçu au baptême et à la confirmation, c’est lui qu’il reçoit aujourd’hui d’une manière renouvelée pour être diacre. L’Esprit-Saint donne part à la vie éternelle que Julien aura à annoncer et à servir.

A la question « Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? », Jésus répond en disant : sois mon disciple, mets en pratique les commandements de Dieu et implore le soutien de son Esprit. Julien ne l’oubliez jamais, et entrainez les personnes vers lesquelles vous êtes envoyé à grandir dans le désir de la vie divine.

 

 

Article publié par Service com • Publié le Mardi 12 octobre 2021 • 90 visites

Cette page provient de la rubrique : Mgr Vincent Dollmann / Interventions & homélies

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