Eglise catholique - Diocèse de Cambrai - Cathocambrai.com

13 LE RENOUVEAU - Période 1919-1939

Période 1919-1939

 

 

UN NOUVEAU DEPART

 

Quand les mineurs «déportés » en Belgique reviennent chez eux par le froid et la neige, dans le courant décembre, ils ne peuvent que constater le désastre. Leur outil de travail est anéanti. Avant de pouvoir «dévaller », il leur faut reconstruire. C’est ce qu’ils vont faire pendant deux ans.

Déjà, Directeurs et Ingénieurs en déportation ont organisé le renouveau, en concevant des installations nouvelles plus performantes. A toute chose, malheur est bon. L’électricité va remplacer petit à petit la vapeur. Grâce au progrès industriel, issu de la période de guerre,  les méthodes d’extraction vont pouvoir évoluer dans le sens de la rentabilité et de la sécurité du personnel.

Au début 1919, les responsables sont encore loin d’en arriver à ce stade. Avec plus ou moins d’ampleur, les puits sont dans un état pitoyable. Les superstructures sont broyées, déchiquetées. Plus grave, les galeries au fond sont noyées par l’absence de pompage, plus encore, quand les cuvelages ont subi des dommages. Il n’est pas possible de descendre sur-le-champ pour voir l’étendue des dégâts.

La première urgence s’adresse à la remise en état des voies de chemin de fer. Il faut pouvoir amener des wagons dans lesquels seront chargés les gravats. Puis il faut déblayer les ruines, avant de penser à la conception de chevalets provisoires, la mise en route de chaudières. La vapeur, comme énergie, est fournie par de vielles locomotives de la Compagnie de Chemin de Fer. C’est seulement après que l’on pourra tenter d’aller constater la situation du fond. Une année est à peine suffisante pour pomper l’eau qui s’est accumulée et arriver à un résultat. Ensuite les réparations s’imposent, avant la reprise de l’abattage.

Les nouveaux chevalets ne prendront place dans l’horizon minier qu’en 1919/20. Comme la fourniture des pièces métalliques n’est pas assez rapide, les responsables se rabattent quelquefois sur des installations en béton. Il en est ainsi pour la fosse Dutemple à Valenciennes, seul vestige actuel de cette époque lointaine.

Pecquencourt Mine Launay Pecquencourt Mine Launay   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pourtant il faut aller vite. L’économie française a un besoin immédiat de charbon.

Les symboles du renouveau s’affirment. Dans la deuxième quinzaine de mars 1919, la  fosse Soult de Thivencelles, qui a échappé à la destruction totale, remonte 277 tonnes. Le «Train d’Anzin » reprend ses navettes en mai, avec des voitures sans vitres. Le 4 août suivant, la première tonne remonte de la fosse Bleuse Borne à Valenciennes de la Compagnie d’Anzin.

A partir de là, il est inutile de donner des précisions sur la reprise de l’activité normale qui se concrétise dans les années 1923/ 24/25, suivant les sièges.

Heureusement,  les Compagnies du Bassin du Nord n’ont pas sombré dans la faillite. Elles sont aidées financièrement par un Organisme National (Commission des Houillères envahies), avant de recevoir les Dommages de Guerre. Seules, quelques toutes petites (Marly, Flines ) ne reprendront pas leurs activités, absorbées par leurs voisines. Certains puits de rentabilité moindre, ne seront pas remis en exploitation.

Avant 1914, Anzin avait vu son programme d’ouverture de sièges, arrivé à son terme (seule la fosse Heurteaux est ouverte à Hornaing en 1927). Il n’en est pas de même pour Aniche. En pleine expansion à la veille de la guerre, les ouvertures se succèdent à partir de 1921, dans la partie nord du territoire ; Lemay à Pecquencourt, Bonnel à Lallaing plus tard Barrois à Montigny-en-Ostrevent, enfin Delloye à Lewarde (actuel Centre Historique Minier). Cette prolifération de double puits, dans les décennies 20/30, va faire de cette concession une des plus importantes en tonnage remonté.

 

 

A Lewarde, la fosse Delloye n’échappe pas aux tourmentes de la Première Guerre Mondiale.

En 1911, le puits 1 est creusé jusqu’à la côte – 270 mètres pour permettre l’aérage des travaux d’aménagement et de l’exploitation de la partie sud-ouest du champ de Vuillemin à Ecaillon. Le ventilateur est mis en service en 1913 et un treuil électrique assurait l’extraction des terres.Entre 1914 et 1918, les travaux s’interrompent. Les installations de surface n’ont pas souffert mais le treuil a été récupéré pour une autre installation et le personnel descend par des échelles jusqu’à l’installation d’un treuil à vapeur. Les travaux reprennent entre 1920 et 1923 et le gros œuvre des bâtiments est terminé en 1927. L’exploitation commence en 1931 et durera 40 ans.

 

Article publié par Michel Dussart • Publié Mardi 17 juillet 2007 • 4714 visites

Haut de page