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Dieu se met en quatre pour accomplir l'Alliance

Compte rendu de la conférence d'entrée en Carême de Mgr Garnier, archevêque de Cambrai

le Mercredi 19 mars 2003

[photo_4946_2702_1]La salle de conférence de la mairie de Cambrai se remplit. Mgr Garnier est au milieu de l'assistance, accueillant les uns et les autres. Puis il s'installe au micro mais quelque chose ne va pas : il y a trop de distance entre la table de conférence et l'auditoire. Il fait avancer cette table et nous invite à avancer nos chaises. Nous comprendrons plus tard la symbolique de ce rapprochement : chacun fait un pas vers l'autre.

Mg Garnier commence sa conférence en parlant des alliances humaines toujours fragiles : alliances politiques, militaires, économiques ; l'alliance du mariage symbolisée par l'alliance que les époux se passent au doigt.
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1. Moïse

Il nous dit ensuite que pour comprendre le sens de l'alliance dans la Bible et en particulier comment les Juifs ont commencé à comprendre le sens de l'Alliance que Dieu voulait conclure avec eux, il faut savoir ce qu'étaient les alliances politiques de ce temps-là. Les termes de l'alliance étaient inscrits sur des tablettes, les alliances étaient conclues devant les dieux, et la sanction pour celui qui rompait l'alliance, était la mort. Les Juifs ont donc compris qu'une alliance avec Dieu, c'était un engagement sérieux qu'on ne pouvait conclure à la légère, du bout des lèvres, car s'ils rompaient l'alliance, ils méritaient la mort.

Dieu est tout d'abord apparu aux Juifs comme un Dieu vengeur qui est prêt à conclure une alliance avec son peuple mais qui exige ensuite qu'on la respecte, sinon il envoie son châtiment sous la forme d'un déluge par exemple, ou encore en disant à Moïse de tuer tous ceux qui ont adoré le veau d'or.

2. Les Prophètes

Mais ce n'est là que le début de la révélation car voici que les prophètes vont, peu à peu, dévoiler un Dieu lent à la colère. Dieu prend patience avec son peuple et le mot "reviens" est répété plus de 500 fois dans cette partie de l'Ancien Testament. Il leur demande de se détourner des trois faux dieux que sont : la puissance politique, la puissance militaire et les idoles telles que l'argent. Mais qu'on ne s'y trompe pas, Dieu est certes patient mais c'est un retour sincère et non éphémère qu'il demande à son peuple, non pas simplement trois jours de sacrifices, mais un vrai retour du cœur.

3. L'exil à Babylone

Malgré la longue patience de Dieu, les Juifs ne cessent de rompre l'Alliance. C'est alors l'exil. Les Babyloniens déportent les Juifs loin de leur pays et les Juifs meurent en tant que peuple : ils ont perdu leur terre, leur roi, leur temple, leur autel. Ils se sont coupés de leur Dieu. Alors comme ils sont incapables de revenir à lui, c'est Dieu qui va aller au-devant d'eux. C'est la grâce gratuite : On ne mérite rien, Dieu nous a donné une chance de revenir et nous ne l'avons pas saisie, alors c'est Dieu qui "revient" à notre place. Les Juifs découvrent le visage d'un Dieu qui pardonne et qui fait à notre place, le premier pas qui coûte. Et Mgr Garnier de citer l'un de ses auteurs préférés, le père Varillon qui écrit dans "L'humilité de Dieu", "Quel Dieu extraordinaire qui nous aime sans exiger de réciprocité !" (cité de mémoire)

4. Les Noces de Cana

Que peut-on faire de plus ? Dieu peut-il aller plus loin encore ? Et bien oui, après s'être mis en trois, Dieu va se mettre en quatre pour accomplir son Alliance jusqu'au bout avec ce peuple infidèle qui résiste à son amour.

Mgr Garnier nous aide alors à comprendre ce passage de l'Évangile de St Jean : Au cours de ce repas de noces, il y avait là six jarres remplies d'eau, destinées à la purification des Juifs. Six, ce n'est pas un chiffre parfait. Cela signifie que tout ce que Dieu a fait dans l'Ancien Testament, n'a pas suffi à purifier les Juifs. Il faut aller encore plus loin, et c'est Jésus qui va être la septième jarre.

Les noces de Cana préfigurent la Passion du Christ. Dieu transforme ce que les hommes donnent et leur rend ce qu'ils ne peuvent mériter : Les hommes donnent de l'eau et Dieu leur donne du vin. Les hommes donnent du vinaigre et Jésus leur donne son sang. Les hommes tuent le Fils de Dieu et lui il donne son sang à ceux-là mêmes qui le tuent.

Comme aux noces de Cana, Dieu a gardé le meilleur de son amour pour la fin : Nous découvrons un Dieu qui donne son propre Fils, le meilleur de lui-même, à ceux qui ne cessent de le trahir et de briser l'Alliance. Jésus nous montre comment réussir notre vie : donner le meilleur de nous-mêmes, même à nos ennemis.
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Mgr Garnier compare alors l'histoire de la relation de Dieu avec son peuple avec quelqu'un qui a été trahi par un ami :

1ère réaction : C'est fini, je ne veux plus le voir, ce qui est une façon de le tuer. (C'est l'attitude des païens.)

2ème réaction : Je veux bien qu'il revienne mais c'est à lui de faire le premier pas. (Le bon juif)

3ème réaction : Puisqu'il ne revient pas, je vais faire moi-même le premier pas. (Sainteté juive)

4ème réaction : Je vais à lui et s'il me tue je lui donne ma vie. (Saints martyrs)

Et Mgr Garnier de conclure en disant que tel est l'appel exigeant et en même temps plein de tendresse que Dieu adresse à chacun d'entre nous : Il nous appelle à nous mettre en quatre pour accomplir l'Alliance comme Lui se met en quatre pour nous aimer jusqu'au bout.

A l'issue de cette conférence, quelqu'un fait parvenir un mot à Mgr Garnier disant que cette façon de présenter les Écritures nous donne envie de reprendre et d'ouvrir notre Bible que trop souvent nous laissons s'empoussiérer sur nos tables de nuits.

Gérard Pique
gerardpique@free.fr

Article publié par Gérard PIQUE • Publié Jeudi 20 mars 2003 - 23h02 • 2885 visites

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