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Le pardon : mission impossible ...?

La réco des lycées c’était ce week-end ! La quarantaine de jeunes présents ont réfléchi au pardon, ils ont écouté des témoins leur en parlé et un théologien leur en faire l’historique. Pas facile tout cela, mais ô combien enrichissant… !

on chante ! on chante !   Tout le monde se retrouve à Raismes vers 15h, l’accueil est chaleureux et les chocolats pleuvent à volonté. Dans ceux-ci des messages qui invitent déjà à la réflexion, ça y est la réco est lancée !

 

«  Aie confiance, mon enfant, tes péchés sont remis. »

« Se pardonner nettoie l’âme, balayant honte et culpabilité. Du pardon de soi vient le pouvoir de pardonner aux autres. »

« Garder rancune contre quelqu’un ne le fera jamais progresser. Cette rancune ne change que toi et … en mal. »

 

Le générique de «  mission impossible » nous invite à nous regrouper.

Un morceau de puzzle aide chacun à trouver son groupe. Dans la salle un magnétophone les attend avec l’enregistrement d’une situation de conflit. Les groupes réfléchissent pour comprendre la situation exposée et essaient de trouver des possibilités de réconciliation.

Ils sont invités à réaliser une pub, un mime ou sketch pour présenter au grand groupe leur chemin de pardon ! Mission impossible … pas pour des jeunes remplis d’espérance et qui passent leurs premiers jours de vacances en retraite !

Les jeunes sauront-ils les surprendre ? Les jeunes sauront-ils les surprendre ?   Après le goûter tout ce petit monde se retrouve dans la grande salle autour de deux personnes sombres et louches qui cherchent des solutions aux messages conflictuels enregistrés.

Les chemins de réconciliation sont différents, les uns plus longs, d’autres plus compliqués selon la gravité de la situation ( vol, guerre, trahison, rupture conjugale, erreur…).

 

Le soir, nous nous rassemblons à l’église de Raismes pour vivre le sacrement de réconciliation puis l’Eucharistie.

Les jeunes sont invités à rencontrer le pardon au travers de ce beau sacrement, ceux qui ne se sentent pas encore prêts peuvent se recueillir devant le St Sacrement, écrire une lettre à quelqu’un qui est confronté à une situation de rupture ( un prisonnier, une famille au bord du divorce, un jeune de Terre Sainte, deux jeunes qui se sont battus...)

 

23h : l'Eucharistie dans la chapelle 23h : l'Eucharistie dans la chapelle   Ce qui se vit là est important et beau, les jeunes se dévoilent, apprennent à se connaître, vident leur sac et vont un peu mieux…Vivre le pardon, le demander, le recevoir n’est pas facile !

 

 

 

C’est aussi ce que nous expliquent les témoins que nous rencontrons le lendemain matin.

D’abord, notre groupe croise Monsieur Godin, avocat.

Comment à travers son métier il vit cette notion de pardon ? Y a-t-il un lien possible entre la justice et le pardon ?

Le rôle de la justice n’est pas de pardonner mais de condamner, elle essaie de comprendre le pourquoi du geste de l’accusé, mais le pardon ne peut être accordé que par Dieu.

Le pardon, il faut le demander et remettre entièrement la faute et l’oublier. Il est pour nous Homme difficile d’oublier. Pour une victime, le chemin de pardon ne démarre qu’avec la condamnation de l’agresseur.

Le pardon doit être réciproque celui-ci doit être demandé mais il ne sera pas forcément accepté !

 

Ensuite nous rencontrons Mr et Mme Pertriaux qui viennent nous parler du pardon dans le couple.

La vie quotidienne est remplie de moments où nous blessons sans cesse (le stress, l’énervement, le manque de temps…) et du coup, cela fait aussi des occasions de demander pardon.

Evidemment, il y a de multiples façons d’éviter de demander pardon :

-         minimiser la situation

-         s’excuser rapidement sans conviction

-         laisser faire le temps

Le pardon demande un effort, c’est une décision volontaire et c’est dire que l’amour est plus fort. C’est aussi reconnaître ses torts.

Le pardon demande donc une préparation.

Le pardon c’est bien plus de savoir qui a tort ou qui a raison.

Mes réactions face à telle ou telle situation et qui vont énerver l’autre sont peut-être des façons d’être ou de faire que nous avons eu dans l’enfance et il est bon de partager, d’échanger nos avis pour avancer et éviter que la situation ne s’envenime.

 

L’ECOUTE, LA COMMUNICATION, LE TEMPS et LA PRIERE amènent au chemin de la réconciliation.

 

La faute grave ( l’adultère par exemple) dans un couple est de la responsabilité des deux personnes. L’accumulation des petites choses, des non-dit, et le non pardon fait qu’un jour, il y a débordement !

C’est pourquoi la réflexion avant le mariage est importante, les liens du mariage sont indissolubles et le Oui  du jour J doit être celui de toujours.

 

Un 3ème témoin, François Carré, partenaire du CCFD, raconte sa mission d'immersion en Bosnie-Herzégovine et nous parle d'associations qui travaillent  là-bas pour la réconciliation après la guerre et les accords de Dayton en 1995.

 

L’après-midi est théologique avec l’abbé D.Foyer qui nous retrace l’historique du pardon des Egyptiens à nos jours en passant par le roi David, les prophètes et beaucoup d’autres !

 

Pourquoi le pardon, 3 raisons :

-         s’il y a faute c’est à dire infraction à un code, à des lois

-         s’il y a culpabilité, un écart entre nos désirs et ce qu’on réalise vraiment

-         s’il y a péché, offense envers Dieu

 

Les chrétiens trouvent des solutions dans le Notre Père, le symbole des apôtres et le credo.

Quand je suis pécheur, je suis désespéré, mais Dieu me remet debout. Dieu pardonne tout sans contre partie.

Après la mort de Jésus, pas de punition divine, Dieu pardonne encore plus.

 

Le pardon c’est ce que Dieu donne quand il a déjà tout donné ( son Fils).

Le christianisme est une religion du pardon, si Dieu m’a pardonné alors moi aussi je dois pardonner aux autres.

 

La journée s’achève par un temps de silence personnel puis un temps de prière autour de l’évangile du Fils Prodigue et l’icône de Rembrandt.

 

Avant de repartir, chacun se souhaite un joyeux Noël et se souhaite des retrouvailles en 2004 à Taizé.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Article publié par Dorothée QUENNESSON • Publié le Dimanche 21 décembre 2003 - 21h20 • 4166 visites

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