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Cahiers de Paraboles 21

Au nom de Dieu

 

Les actes les plus barbares ensanglantent notre planète et sont revendiqués par leurs auteurs comme accomplis au nom de Dieu. Dieu serait-il moins humain que l'homme? Ou bien ce mot, Dieu, est-il si commode qu'on puisse en faire en quelque sorte "un bouc émissaire" pour y cacher toutes nos violences et tous nos désespoirs ?

Jean Claude Branquart fait un parallèle entre les grands témoins de notre temps - Jean-Paul II, Sœur Emmanuelle, l'abbé Pierre- qui témoignent  de Dieu sans volonté de séduire  avec des paroles toutes simples, et les fanatiques de tous ordres qui se réclament de ce même nom pour justifier leurs actes inhumains. Les médias pris dans la spirale de l'information en continu déversent cette violence sans trêve et n'offrent pas le recul nécessaire à une bonne compréhension de la situation. Pourtant l'horreur suscitée par ces actes appelle à la réflexion et c'est ce que tentent de faire certains magazines, certaines radios.plutôt que de recourir à Dieu pour nourrir la haine, la violence et la révolte, oser dire sa foi et sa pratique sans passion, ni haine et  témoigner de son espérance.

Qui donc est Dieu, interroge Paul Scolas? Il note que le souci de la théologie est  celui non de la négation de Dieu, mais celui de la falsification de ce nom. C'est le péché d'idolâtrie que les prophètes ne cessent de dénoncer. Cette erreur sur Dieu devient erreur sur l'homme. Elle lui fait du tort et ne l'aide pas à grandir.L'idolâtre veut maîtriser Dieu dans le déjà connu car il a peur de lâcher prise face au Tout Autre. Il ne veut pas assumer sa liberté.Dieu insaisissable, ne se donne à connaître que dans une histoire où l'on se risque, tel Abraham.Si l'homme ne peut saisir Dieu, Dieu s'interdit aussi de saisir l'homme, montrant que sa toute puissance s'exerce dans le retrait, de manière à respecter l'altérité et l'autonomie de sa création.

En citant Marie Balmary, Gérard Reniers reste au cœur de l'actualité : "il arrive qu'au lieu d'être une loi de relation entre les êtres, la religion devienne une loi de domination". Cette religion déshumanise , on retrouve l'idolâtrie. Nous sommes ainsi invités à une purification incessante de toutes nos images de Dieu. Est-il alors possible de témoigner de Dieu ? Quelle a été l'expérience de Jésus ? Et la nôtre? Qui peut croire aujourd'hui à la résurrection? Nos paroles de disciples sont fragiles, mais c'est dans cette fragilité que le Seigneur se révèle, presque malgré nous, presque sans nous. Brigitte Rousselle.

Article publié par Brigitte ROUSSELLE • Publié Dimanche 09 mai 2004 - 21h26 • 1904 visites

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